Il pleure dans nos cœurs comme il pleut sur Tunis





Par Samia MESTIRI DOUIK (*)
Les Tunisiens pleurent comme il pleut sur la Tunisie. Triste week-end pluvieux marqué par du vandalisme, de la casse, des violences, des attaques armées et des émeutes meurtrières. Et par la suite, un enchaînement de démissions au sein du gouvernement.
Ce ne sont point hélas les objectifs de notre révolution!
Que se passe-t-il dans ce grand petit pays ? Que le monde entier a salué pour le courage et la dignité de son peuple, de sa solidarité et de sa volonté à finaliser une transition historique pour la démocratie. 
Ce serait trop naïf voire primaire de parler d’un «mauvais œil» qui nous touche.  Mais c’est bien triste ce qui nous arrive en ce moment. Des manifestations anarchiques, du vandalisme et une montée de la violence, et un autre rendez-vous avec l’insécurité.  Et nous voilà de retour à la case départ. 
Est-il «trop beau pour être vrai» d’échanger ses idées et de partager ses opinions dans une atmosphère sereine et civilisée, sans pour autant tomber dans ces violences verbales et physiques et cette répression sanglante ?
Il est vrai que nous n’avons jamais connu de démocratie ni de liberté d’expression jusqu’à ce jour du 14 janvier 2011,  mais il est encore plus vrai que  n’étant pas habitués à ces valeurs nouvellement acquises, certains d’entre nous n’ont pas su en faire bon usage.   Le travail que nous devons mener à bon port est entravé par des grèves, des sit-in et des manifestations à tour de bras. Un flot de demandes et de revendications pressantes et immédiates qui dépassent l’entendement. 
Où va-t-on? Notre pays est fragilisé par une crise politique, sociale et économique sans précédent? Comment sortir de cette impasse et de cette situation qui devient malheureusement dangereuse ? En plus de cela, le premier ministre démissionnaire, vient de révéler que des forces occultes cherchent ce genre de brèches pour faire avorter cette glorieuse révolution et elles s’y mettent déjà.
En l’état actuel des choses, le peuple veut du concret et du répondant à ses demandes, et ce par une communication régulière, franche et transparente, surtout les grandes décisions prises par nos gouvernants. C’est vrai que la communication a été la grande absente de la scène politique, ce qui a d’ailleurs nourri la colère et la contestation. 
Face à cette situation, un travail urgent doit être entrepris dans les meilleurs délais et de concert, impliquant le gouvernement d’une part, les partis politiques, la jeunesse révolutionnaire, les organismes publics, d’autre part. Une feuille de route et un planning doivent être élaborés et communiqués dans les meilleurs délais au peuple tunisien, pour le rassurer et obtenir son adhésion et son soutien massif pour la réussite de notre révolution.
 (*) Citoyenne indépendante


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com