Vu en France : Aubry accuse Sarkozy





Le débat sur la laïcité, ou plutôt sur l’Islam, aura bien lieu. On prête au président français de drôles d’intentions.
De notre correspondant permanent, François Bécet
Le président de la République française s’occupe-t-il encore de la France et des préoccupations des Français? La socialiste Martine Aubry répond clairement non, évoquant à la fois l’islam et la fiscalité: «Nicolas Sarkozy ne s’occupe plus de la France et des Français, il essaie aujourd’hui d’avoir des opinions essentiellement à visée électorale. On supprime l’impôt sur la fortune pour garder son électorat et on fait peur aux autres en parlant de ça (l’Islam). Les Français attendent autre chose».
Au sein de la majorité, la grogne monte contre le débat sur la place des religions, jugé inopportun et plein de risques après l’échec de celui sur l’identité nationale. Même s’il divise, il aura bien lieu le 5 avril. Sauf revirement.
Le président et le secrétaire général de l’UMP, initiateurs de ce débat, ont cependant mis un peu d’eau dans leur vin. A la mi-février, Jean-François Copé avait déclaré, rappelle Le Monde: «Nous allons organiser un débat autour de la thématique qui est la suivante: comment organiser l’exercice des cultes religieux» (…); ce débat comportera deux parties, une première sur les cultes religieux en France et leur compatibilité avec les lois de la République, et une deuxième partie sur la question de l’Islam en France. Etant donné que les défenseurs du débat estiment que les autres religions ne posent pas de problème, l’Islam était donc nettement ciblé.
Aujourd’hui, après les réserves émises notamment par Alain Juppé, Rama Yade, Christian Estrosi, Bernard Accoyer et d’autres, le ton a quelque peu changé. Jean-François Copé a affirmé mercredi que «ce n’est pas un débat sur l’Islam (…) c’est un débat sur la laïcité et (…) sur comment construire un Islam de France». Et il a ajouté que le sujet principal serait «le pacte républicain » et que « des propositions très concrètes» seront faites, notamment sur la formation des imams, les lieux de culte, la viande halal et «les comportements dans les hôpitaux».
François Fillon s’était, lundi, évertué à calmer les choses, à condamner d’avance toute dérive : «Si ce débat devait être centré sur l’Islam, si ce débat devait apparaître comme un débat qui, d’une manière ou d’une autre, conduit à stigmatiser les Musulmans, je m’y opposerais». Le but de ce débat «nécessaire» est de permettre que «nos concitoyens d’origine musulmane puissent vivre leur foi librement et dignement et chacun sait que ce n’est pas toujours le cas».
La question est de savoir s’il faut vraiment organiser un débat politique pour arriver à ce résultat, s’il ne serait pas plus simple de prévoir des discussions entre le ministère de l’Intérieur et le Conseil français du culte musulman? Ou bien, comme le souhaitent certains, de laisser l’Islam tranquille, libre de s’organiser?
Débat de trop ou non? Nécessité ou piège électoral? Quelques opposants soupçonnent un drôle de calcul: Nicolas Sarkozy sait qu’en choisissant un tel sujet, il renforce le Front national mais que cela pourrait conduire à un nouveau 21 avril, qu’au deuxième tour, il serait opposé à Marine Le Pen qui aurait devancé le candidat socialiste. Difficile de croire à un tel machiavélisme…


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com