Stationnement automobile à Tunis : Les camions-grues cloués au sol





Les camions-grues qui ont longtemps régné en maîtres absolus dans nos rues sont aujourd’hui
cloués dans leurs propres fourrières, attendant la levée de l’embargo imposé par la Révolution.
Depuis plus de deux mois, c’est le vide qui règne en maître dans les fourrières municipales dans le centre-ville de Tunis. Jadis encombrés par des centaines de voitures prises en proie par les camions rodant inlassablement à longueur de journée, ces espaces sont aujourd’hui méconnaissables, tellement ils sont désertés. A la fourrière municipale Garibaldi à Tunis, un gardien passe son temps à veiller sur les voitures de ses employeurs. Faisant irruption des grands casiers construits en tôle d’acier faisant office de guichets pour nous accueillir, le gardien a rapidement deviné les raisons de notre visite. En effet, l’homme n’était pas prié pour se mettre à raconter comment des dizaines de familles se sont brusquement trouvées sans revenus depuis que la révolution populaire a frappé aux portes de la capitale quelques jours avant la chute du pouvoir. «Ce sont plus de 30 employés qui travaillaient sur les camions-grues qui sont aujourd’hui sans emploi», a-t-il indiqué. Mis au chômage forcé depuis que la municipalité a décidé de geler l’activité des concessionnaires des fourrières automobiles, les employés de l’entreprise attendent aujourd’hui que la mairie lève l’embargo. Il faut cependant que la municipalité parvienne à convaincre ses agents des procédures à reprendre le travail. Eux qui ne cessent d’enchaîner les grèves depuis les premiers jours des soulèvements populaires déclenchés par la gifle donnée par une femme collègue à Sidi Bouzid à Mohamed Bouazizi.
Ainsi, la balle se trouve dans le camp des décideurs locaux. Une évidence qui laisse les concessionnaires qui exploitent les fourrières automobiles de Tunis «incapables de décider quoi que ce soit». C’est du moins, ce que nous a fait comprendre un agent de «Tunisia Park Services», un des opérateurs du secteur. Ne craignant pas le chômage, à l’instar de ses collègues de bureau qui occupent toujours leurs postes dans un appartement loué au 12ème étage d’un grand immeuble sis à l’Avenue Jean Jaurès, l’homme précise que l’entreprise continuera à tourner malgré la fermeture des fourrières. C’est qu’elle gère aussi quelques dossiers financiers d’un centre commercial se trouvant dans la même avenue. Au sujet de ceux qui travaillent sur les camions-grues et dans les fourrières, notre interlocuteur, qui a préféré garder l’anonymat, assure que les employés sont tous payés bien qu’ils ne travaillent pas depuis deux mois. «En janvier et février, l’entreprise a versé des salaires complets au profit des 36 employés des fourrières». La même personne signale toutefois que les bulletins de paie du mois de mars vont comporter une réduction «à cause des problèmes de liquidités que connaît l’entreprise».
Les concessionnaires qui font roder les camions-grues dans les rues de Tunis espèrent en effet voir les choses changer dans les jours qui viennent. Notre interlocuteur affirme que les engins doivent reprendre du service très bientôt: «Les négociations avec la municipalité ont débouché sur un accord pour reprendre du service. Tout dépend maintenant des garanties que les autorités compétentes vont donner en ce qui concerne la sécurité de nos agents et de notre matériel». Avis aux automobilistes.


Hassan GHEDIRI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com