Sur le vif : Monotonie, quand tu nous manques !





En circulant dans les grandes artères de Tunis, on revoit les policiers verbalisant les conducteurs fautifs. Dans les grandes surfaces, les gens se remettent à remplir leurs caddies sans précipitation. Les petits se remettent à jouer dans les jardins. Les pubères rejouent au foot dans leur quartier sans crainte. Les vieilles personnes, couffins à la main, vont de nouveau au marché. On revoie des camions-grues polir nos routes. Les ouvriers reprennent le chemin des chantiers. Les policiers de la circulation sont de retour. Aujourd’hui, tous les travailleurs regagnent leurs postes. Les élèves retroussent les manches et mettent les bouchées doubles pour les examens. Les commerces recommencent à fleurir…
Depuis la fin de la semaine dernière, la Tunisie semble être enfin sortie de sa période de «gestation». Le «bébé» de la révolution voit enfin le jour… Tout ce qu’on voit, tout ce qu’on ressent, ce ne sont certes que des images routinières, ordinaires, familières, mais qui se sont faites rares depuis des mois...
Circonstances obligent, depuis la fin de janvier, les Tunisiens ont coupé avec leurs vieilles habitudes. Lors du couvre-feu, l’on a même interrompu les visites familiales. Personne n’avait le cœur à sourire. Même dame nature semblait imposer à la Tunisie un temps qui inspirait la tristesse. Ciel grisâtre, temps pluvieux et atmosphère morose cèdent à présent la place à un temps bien plus printanier. Le soleil brille de nouveau. Les senteurs des mets traditionnels recommencent à encenser les quartiers tunisiens. Les membres de la famille recommencent à s’échanger les visites…
Les fêtes de mariage, que les prétendants ont mises entre parenthèses depuis le mois de janvier, sont à nouveau à la couleur du jour. Les invitations aux fêtes de mariage sont de nouveau distribuées. Les plateaux politisés pléthoriques à la télé s’amoindrissent. Les anciens visages télévisés qu’on a toujours assimilés à la joie de vivre, sont désormais de retour sur le petit écran. Les chants, même si un petit peu peints d’une note révolutionnaire, sont de nouveau écoutés. Sur les ondes radiophoniques, on écoute de nouveau les tubes romantiques jetés par moments aux oubliettes. Et même sur Facebook, bras droit de la révolution, les vidéos et articles publiés et partagés ne tournent plus seulement sur la politique…
Tout ce qu’on voit n’a rien d’extraordinaire. Cela émane même de notre quotidien qu’on trouvait même routinier et monotone. Paradoxalement ça fait tellement de bien de revoir la monotonie se réinstaller !


A.C.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com