Le fanatisme n’est pas tunisien !





Comme le célèbre dicton «impossible» n’est pas français!, tout au long de son histoire, la Tunisie a prouvé, dans les faits et les actes, que «fanatisme, communautarisme, intégrisme» ne sont pas tunisiens. Le peuple tunisien a toujours été adepte d’un islam modéré à connotation soufiste. C’est un peuple —par essence— modéré, tolérant, ancré dans la modernité, ouvert à toutes les civilisations et les courants de la modernité et les nouvelles technologies de l’information au point de faire la première révolution pacifique —Facebook— une première à l’échelle planétaire!
Par conséquent, faut-il avoir peur et tirer la sonnette d’alarme après qu’un groupuscule de quelques individus ont tenu des propos indécents devant la synagogue?
La réponse est dans l’indignation et condamnation unanime de la société civile, et le refus catégorique des leaders qui encadrent la révolution —toutes sensibilités confondues— qu’aucune dérive à connotation raciste, intégriste ou xénophobe ne sera permise. D’ailleurs, le communiqué du ministère de l’Intérieur l’a bien précisé et on ne peut que le saluer et l’applaudir.
Dans les capitales occidentales, un vent de panique a soufflé la veille et les premiers jours de la révolution comme si notre belle et paisible Tunisie allait sombrer dans un nouveau (régime taliban), si le dictateur Ben Ali est déchu. Je leur dis rassurez-vous! C’était l’alibi du dictateur pour faire perdurer son régime pourri et corrompu.
Les Islamistes sont une infime minorité, et bien que structurée elle est dépassée par les événements. Et la génération des Facebookers est loin d’être adepte des thèses salafistes. Elle est plutôt du genre «branchés», hip-hop, très bon vivants et la tête orientée vers l’Europe et l’Amérique.
Quant au Tunisien moyen, il n’est pas dupe! Rien qu’à voir ce qui se passe en Afghanistan et en Iraq, des boucheries terroristes au nom d’Allah, il est devenu immunisé contre tous les courants intégristes, wahhabites ou chiites.
D’ailleurs, et toujours dans le même ordre d’idées, on constate que l’Islam «tunisien» modéré est fortement ancré dans la tradition de tolérance qui caractérise le peuple tunisien. Et il suffit de voir dans les rues que les jeunes filles et femmes tunisiennes portent le hijab avec beaucoup de fantaisie qui dévoile plus qu’il ne cache, ce qui en rajoute à leur charme sans atteinte à la pudeur. Rien à voir avec la burka ou le nikab intégral, d’ailleurs non conformes à la chariaâ.
Force est de constater que la Tunisie d’aujourd’hui est le prolongement de la belle époque de l’Andalousie musulmane.
Rappelons que des milliers d’Andalous juifs et musulmans ont migré tout au long des 16e et 17e siècles en Tunisie où ils ont trouvé dans notre pays une terre d’accueil. Ils ont transmis outre leur science et leur savoir-faire et vivre, la tradition de la cohabitation entre les différentes communautés qui a fait de Cordoue et Grenade les perles de la bonne entente entre les trois religions monothéistes à l’âge d’or de l’Andalousie arabe. Nous sommes leurs fiers et dignes descendants. Donc, restons vigilants, pour protéger les aspirations et les credo de la révolution qui sont (Liberté, dignité, démocratie, droits de l’homme, transparence, bonne gouvernance…) contre toute tentative de dérive intégriste par les cellules dormantes ou les esprits mal intentionnés venant diffuser des idées à connotation intégriste. Les Tunisiens musulmans, modérés par tradition, n’ont de leçons à recevoir de personne. La laïcité et la séparation des pouvoirs dans une société moderne respectant les libertés sont garantes du bon fondement de la nouvelle république à laquelle nous aspirons. La religion et la foi sont une affaire personnelle entre l’homme et son créateur. Pas d’amalgame. La Tunisie est immunisée, guérie de son tyran oppresseur, alors halte, ne sombrons pas dans le fanatisme. De grâce!

(*) Journaliste tunisien, reporter international


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com