Journalistes étrangers sur la frontière libyenne : Une attente qui n’en finit pas





En l’absence de toute information sur ce qui se passe réellement à l’Ouest de la Libye, certains journalistes étrangers attendent depuis quelques jours une permission d’accéder en Libye. Mais cette attente perdure.
De notre envoyé Mohamed M’DALLA
Une nouvelle culture vient de s’installer sur la frontière libyenne. La culture des files d’attente. Après les longues files pour les repas, les douches et même les toilettes… aujourd’hui, c’est au tour des journalistes de faire la queue en attendant une permission pour passer de l’autre côté de la frontière et voir de près ce qui se passe à l’Ouest de la Libye. Ça fait déjà près de quinze jours que les autorités libyennes les font attendre et leur promettent ce passage. Mais toujours la même procédure; «on prend des copies de vos passeports et on vous contactera au plus tard dans deux jours», c’est la promesse d’un haut responsable libyen (ou du moins ce qu’il prétend être).
Une vingtaine de journalistes étrangers dont la plupart sont des Français et Espagnols, ainsi que notre collègue Mourad Sellami se sont rassemblés du côté tunisien de la frontière en attendant un laissez-passer ou une permission qui leur permettra de suivre l’activité en Libye et observer de près la situation sur le territoire libyen.
Pour Fabien Thelma, journaliste de Radio Europe 1, il pense que les Libyens ne permettront pas que des journalistes étrangers atteignent leur territoire. «On attend depuis quelque temps, à Ras Jedir, que les responsables libyens nous permettent de passer de l’autre côté de la frontière, pour voir ce qui se passe réellement à l’Ouest de la Libye. Chaque fois, on nous donne des rendez-vous, mais c’est toujours rien. Il n’y a absolument aucune information réelle de ce qui se passe à l’Ouest de la Libye. Je suis ici depuis le matin, en espérant que ce fameux responsable libyen viendra, enfin, nous emmener faire un tour sur leur territoire. Si cette visite est sous la tutelle de l’armée, j’opte plutôt à faire du tourisme qu’autre chose. La visite sera donc orientée pour nous montrer ce qu’ils veulent et non ce que nous voulons voir. Mais, franchement, je ne pense pas qu’il vienne aujourd’hui ni demain».
Brice, de RTL, est plutôt pessimiste «Personnellement, je n’attends rien des responsables libyens. En fait, ça fait quelques jours qu’on nous fait attendre ici à Ras Jedir, pour rien. Cet étrange responsable, qui vient à chaque fois prendre des copies de nos passeports et nous donner rendez-vous, mais finalement il ne vient pas. Même s’il vient on est presque sûr à 90% qu’ils ne vont pas nous permettre de passer de l’autre côté.
Le comble c’est que même s’ils laissent entrer, ça sera encadré par les hommes de Kadhafi, vu les conditions de sécurité actuelles. Ce qui m’a vraiment réjoui dans toute cette histoire, c’est cet élan de solidarité de la part des Tunisiens et ces caravanes qui ne finissent jamais. J’ai trouvé ça vraiment formidable.»
De son côté, Aage Aune, de la chaîne Norvégienne TV 2, c’est plutôt du tourisme qu’il attend de la part du régime de Kadhafi, «Je ne pense pas qu’ils viennent, et même s’ils le font ça sera plus probablement un bus et tournée touristique dans des endroits bien précis où tout est calme et il fait bon vivre».

Une vingtaine de journalistes étrangers dont la plupart sont des Français et Espagnols se sont rassemblés du côté tunisien de la frontière en attendant un laissez-passer ou une permission qui leur permettra de suivre l’activité en Libye


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com