Confrontations entre Coptes et Musulmans : Les démons de l’intolérance ressurgissent





Mardi soir n’était pas un mardi «normal» au Caire. Les violences entre les communautés copte et musulmane ont fait dix morts et des centaines de blessés.
De notre envoyée au Caire Samah Meftah
Tout a commencé, selon ce qu’on raconte dans les artères de la capitale, dans une petite maison de la banlieue du Caire. La fille d’un musulman était tombée amoureuse d’un Copte depuis une année. Les oncles de la fille ont entendu des rumeurs sur la relation «hétérogène», selon les coutumes en Egypte. Ils sont allés voir le père et lui ont ordonné de mettre fin à cette relation. Une dispute s’est déclenchée et qui s’est achevée par la mort du père. Furieux, les habitants du quartier ont décidé, samedi dernier, de se venger en incendiant l’église du coin. Les Coptes ont alors déclenché la guerre. Ils ont décidé de manifester, sans arrêt, jusqu’à une réhabilitation de la part de l’Etat. Mardi matin, les premières confrontations entre coptes et musulmans faisaient craindre le pire. Vers 18h, les habitants des artères principales ont commencé à demander le secours. «Essaîda Aîcha», «Cobri Salah Salem», «El Ghouria» et «Ouest El Balad» étaient les lieux d’affrontements violents qui ont duré presque toute la nuit.
Les milliers de Coptes qui protestaient contre l’incendie de leur église ont brûlé des pneus partout et ont lancé des pierres à tort et à travers. Les musulmans étaient sortis de chez eux, «pour défendre leurs quartiers». Les deux camps ont utilisé des armes et des couteaux.
Police, où es-tu ?
Les forces de sécurité sont absentes des rues du Caire depuis la Révolution. Leurs interventions hier, selon des témoins, étaient dispersées et non organisées. A «El Adly», un quartier du centre-ville, les habitants ont vécu une nuit de grande panique. Tout le monde était dehors et nul ne savait quoi faire en l’absence de la police. «L’armée ne peut pas intervenir», note Hassan, le chauffeur de taxi qui nous emmenait vers notre hôtel. «L’armée a peur d’être jugée négativement si elle intervenait », explique-t-il.
Mercredi matin, la vie a regagné peu à peu son train normal. Les klaxons de voitures ont remplacé les sirènes de la police.
Sur Facebook, les jeunes égyptiens essayent de calmer les ardeurs des uns et des autres et ont déclaré que vendredi prochain sera un vendredi de réhabilitation. Les Coptes, pour leur part, s’apprêtent à une nouvelle manifestation le vendredi, à la Place Tahrir…


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com