Le torchon brûle entre Paris et Tripoli : La France propose des frappes aériennes ciblées





La Libye a annoncé hier qu’elle envisageait de rompre ses relations diplomatiques avec la France et a menacé de révéler un «grave secret» qui pourrait « entraîner la chute du président français », au moment où Paris compte proposer à ses partenaires de l’UE des «frappes aériennes ciblées» contre le régime libyen.
Le Quotidien-Agences
La Libye a annoncé hier qu’elle envisageait de rompre ses relations diplomatiques avec la France après la reconnaissance par Paris du Conseil national de l’opposition comme représentant du peuple libyen.
La Libye «envisage de rompre ses relations avec la France en raison des informations qui circulent sur la dangereuse ingérence (de Paris) dans les affaires libyennes», a indiqué l’agence officielle Jana, citant un responsable du ministère des Affaires étrangères.
«Un Etat comme la France ne peut pas commettre cette stupidité et reconnaître des personnes qui ne représentent qu’elles-mêmes», poursuit le responsable, précisant que le ministère «va attendre et s’assurer de ces informations avant de prendre une telle décision».
L’agence officielle libyenne Jana a annoncé, auparavant, avoir «appris qu’un grave secret va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale».
Via son agence officielle, le régime libyen a affirmé, hier, que la révélation d’un «grave secret» allait entraîner la chute du président français Nicolas Sarkozy, peu après la reconnaissance par Paris du Conseil national de l’opposition comme représentant du peuple libyen.
Paris reconnaît le CNT
Critiquée pour ses atermoiements face aux révoltes en Tunisie et en Egypte, la France est devenue hier le premier pays à reconnaître l’opposition armée au régime du colonel Mouammar Kadhafi comme le seul «représentant légitime» du peuple libyen.
A l’issue d’un long entretien avec Nicolas Sarkozy à l’Elysée, trois émissaires du Conseil national de transition (CNT) libyen ont annoncé que Paris avait décidé de faire de leur organisation son unique interlocuteur libyen et d’envoyer un ambassadeur à Benghazi, le siège de la contestation au colonel Kadhafi, à un millier de kilomètres à l’Est de Tripoli.
«Sur la base de cette reconnaissance, nous allons ouvrir une représentation diplomatique, donc notre ambassade à Paris, et un ambassadeur de France sera envoyé à Benghazi», a déclaré un de ces émissaires, Ali Essaoui: «il sera installé de façon transitoire à Benghazi, avant de retourner à Tripoli».
Ces déclarations ont été confirmées dans la foulée par l’entourage de Nicolas Sarkozy, qui a raccompagné ses trois invités sur le perron de l’Elysée et leur a longuement serré la main pour les photographes et les télévisions. «C’est une action politique importante», a-t-on insisté.
A l’issue de leur entrevue avec le chef de l’Etat français, les représentants de l’opposition libyenne ont aussi indiqué que leur hôte allait proposer aujourd’hui à Bruxelles aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) un «plan global» sur la crise libyenne.
Frappes aériennes ciblées
Le président français Nicolas Sarkozy va proposer à ses partenaires de l’UE des «frappes aériennes ciblées» en Libye, ainsi que le brouillage des systèmes de transmission du commandement du colonel Kadhafi, a-t-on appris hier de source proche du dossier.
Le président Sarkozy proposera des frappes sur trois points, selon cette source : l’aéroport militaire de Syrte, à 500 kilomètres à l’Est de Tripoli, celui de Sebha, dans le Sud du pays, près de la frontière tchadienne, mais aussi le camp de Bab Al-Azizia, centre de commandement de Mouammar Kadhafi à Tripoli.
Interrogé par l’AFP, l’Elysée n’a pas confirmé. «On n’en est pas là. On va déjà demander les autorisations juridiques pour empêcher l’usage de la force par Kadhafi», a-t-on indiqué, en mettant en exergue les risques de «vetos russe et chinois».
Consultations
L’Otan estime que le temps presse en ce qui concerne l’évolution des événements en Libye et se tient prête à agir si elle en reçoit le mandat, a déclaré hier le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen.
«Le temps continue de presser (...) cela fait maintenant de nombreux jours que l’Otan consulte d’autres organisations internationales et régionales et qu’elle suit le déroulement d’événements qui se succèdent rapidement», a-t-il dit à l’ouverture d’une réunion de deux jours des ministres de la Défense de l’Alliance atlantique axée jeudi sur la Libye.
«En tant qu’alliance militaire et acteur international responsable, l’Otan se doit aujourd’hui d’envisager toute éventualité dans le cadre d’une planification de précaution. C’est ce que nous faisons», a souligné Rasmussen
Il peut s’agir de soutenir une opération de type humanitaire, «mais nous nous tenons prêts à envisager d’autres options si nécessaire», a-t-il ajouté, indiquant que ce serait le sujet «aujourd’hui» des débats entre les 28 ministres.
En ce qui concerne l’éventualité d’une zone d’interdiction aérienne au-dessus de la Libye, proposée au Conseil de sécurité de l’ONU par la France et le Royaume-Uni, tous les pays de l’Otan ne sont cependant pas sur la même longueur d’onde.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle n’a pas caché qu’il était «sceptique» à ce sujet, à son arrivée à un déjeuner avec ses homologues de l’UE, également centré sur la Libye où se battent depuis trois semaines opposants au colonel Mouammar Kadhafi et fidèles du régime.
«Nous ne voulons pas être aspirés dans une guerre en Afrique du Nord», a dit Westerwelle.
Retrait
Sur le terrain, les insurgés libyens battaient en retraite hier du port pétrolier stratégique, Ras Lanouf, face aux forces loyales au colonel Kadhafi, qui bombardaient la ville.
Les hommes réunis par l’opposition quittaient la ville portuaire vers l’Est à bord de voiture et de pick-ups, expliquant que les forces gouvernementales lançaient des roquettes et des obus de char sur la ville, sans doute avant une avancée de grande ampleur.
Des obus sont tombés près de l’hôpital de la ville et ont touché plusieurs bâtiments de la ville.
Les combats se sont intensifiés à Ras Lanouf et Bin Jawwad, où les rebelles semblent avoir réussi à organiser leur ravitaillement en armes lourdes, comme des lance-roquettes et des chars pour le combat.
Youssef Fittori, un commandant de l’opposition, a précisé qu’une unité de déserteurs des forces spéciales de Kadhafi et de civils combattaient les forces gouvernementales, à environ 19km à l’Ouest de Ras Lanouf, sur la route principale menant à Bin Jawwad.
«Aujourd’hui, si Dieu le veut, nous prendrons Bin Jawwad. Nous avançons», a-t-il souligné.
Les combats entre rebelles et forces loyales à Moammar Kadhafi autour du terminal pétrolier de Ras Lanouf ont provoqué avant-hier l’incendie de deux installations pétrolières, causant encore plus de dégâts à l’industrie de l’énergie déjà affaiblie.
A l’Ouest, Kadhafi affirme avoir repris Zawiya, la ville la plus près de Tripoli qui avait été conquise par les rebelles. Des journalistes occidentaux avaient été conduits mercredi soir dans un stade situé près de Zawiya, occupé par des partisans du «Guide suprême».
La Libye a annoncé, hier, qu’elle envisageait de rompre ses relations diplomatiques avec la France
et a menacé de révéler un «grave secret», au moment où Paris compte proposer à ses partenaires
de l’UE des «frappes aériennes ciblées» contre le régime libyen.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com