Vu en France : Les sondages affolent les socialistes





Le dernier sondage en date remet Marine Le Pen à la troisième place, confirme la montée du FN et inquiète le PS: faut-il maintenir les primaires?
De notre correspondant permanent, François Bécet
Les sondages se suivent et, finalement, se ressemblent. Si le dernier en date – Ifop pour France Soir — ne donne Marine Le Pen au second tour que dans l’hypothèse où Ségolène Royal est la candidate du PS, il confirme la progression du Front national. La représentante de l’extrême droite obtient 21% ou 22% des intentions de vote selon les cas de figure et l’écart n’est important qu’avec Dominique Strauss-Kahn (29%, 21%). Ce qui veut dire qu’en tenant compte des marges d’erreur, elle est quasiment à égalité avec Nicolas Sarkozy et avec Martine Aubry et François Hollande.
Le sondage montre également que le Front national prend ses nouveaux électeurs à l’UMP: 25% des électeurs de Sarkozy en 2007 portent leurs voix sur le FN contre 18%le mois dernier et 8% en octobre. Ce qui n’empêche pas la majorité de penser qu’elle a raison de porter le débat sur les thèmes favoris de l’extrême droite. Pourtant, il apparaît certain que la droite fait voir aux Français que ses différences avec le FN s’estompent ; en clair, des électeurs peuvent se dire que la majorité actuelle étant en situation d’échec, il est possible maintenant d’«essayer» le parti des Le Pen qui tire profit et voix de tous les mécontentements, de toutes les craintes et interrogations, qui vont du débat sur l’islam au report du procès de Jacques Chirac. François Fillon et Jean-François Copé ont eu beau condamner les propos de Chantal Brunel – «remettez dans les bateaux», des électeurs sont compris qu’au fond, il n’y avait guère de différence entre les droites, classique et extrême…
La gauche, elle, se rend compte qu’elle n’a toujours pas convaincu les Français de sa capacité à revenir au pouvoir et à résoudre leurs problèmes. Et elle s’affole devant ces sondages qui prouvent qu’elle ne décolle pas. La peur d’un nouveau 21 avril a relancé la question des primaires. Les amis de DSK militant pour leur suppression ou, au plus, pour des primaires de «confirmation» du candidat désigné par les instances du parti.
Président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Michel Vauzelle considère qu’organiser des primaires «sur fond de percée du FN est devenu déplacé». Un autre strausskahnien, Jean-Marie Le Guen, estime que «la situation est suffisamment grave pour que les socialistes fassent preuve de responsabilité. Personne ne comprendrait les chicayas ou les batailles d’égo», Pierre Moscovici, sans renoncer encore aux primaires, plaide pour qu’on se pose la question de leur «opportunité» si les sondages continuent à placer Marine Le Pen aussi haut.
Martine Aubry ne voit pas pourquoi on priverait les militants de ces primaires qui seront «l’occasion d’une formidable mobilisation des Français». Les proches de François Hollande semblent sur la même ligne. Le patron des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault souhaite que les candidats se fassent connaître le plus rapidement possible afin que «le dialogue et le débat autour de nos propositions commencent très vite». Le problème est sans doute là.
Une autre question est posée par ces sondages, par les réactions: est-il normal d’en faire autant à plus d’un an de l’élection? Toute l’attention ne devrait-elle pas être dirigée sur la résolution des nombreuses préoccupations des Français : hausse des prix, crainte du chômage, logement, délinquance, justice?...


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com