Librairie Clairefontaine de Tunis : Le Président Bourguiba raconté par son médecin personnel





«Bourguiba tel que je l’ai connu: la transition Bourguiba-Ben Ali» du Dr. Amor Chadli a été au cœur d’une séance de présentation-dédicace. Que de révélations !
Il a été le médecin personnel, son compagnon de route durant une quarantaine d’années et l’un de ses ministres. Dr. Amor Chadli a choisi dès l’abolition de la censure et la chute du régime de Ben Ali de tout raconter sur cet homme et leader qui a bien marqué l’histoire de la Tunisie qu’il a côtoyé de longues années durant.
Fraîchement publié par Berg Editions, «Bourguiba tel que je l’ai connu: la transition Bourguiba-Ben Ali» est une lumière braquée sur ce qui s’est passé dans les couloirs du Palais de Carthage. Edité à compte d’auteur, le Dr Chadli relate à force détails, au fil de 600 pages, du vécu du Président Bourguiba, dévoilant plusieurs secrets, divulguant des informations sur ce qui s’est passé entre les 6 et 7 novembre 1987 et surtout sur son état de santé. Interrogé sur ce détail par M. Lotfi Chaïbi, universitaire spécialisé dans l’histoire contemporaine, le Dr Chadli n’a pas hésité à raconter tout, devant un parterre de ses amis, également des fidèles de la librairie Clairefontaine de Tunis. Le maître de la musique tunisienne, M. Salah Mehdi, a été au premier rang, soutenant son ami et son voisin Dr. Chadli.
Rien n’est grave !
«Dans cet ouvrage, j’ai voulu raconter le parcours et le vécu d’un homme que j’ai connu de près, j’ai voulu exposer certaines réalités qui ont été déformées et manipulées par Ben Ali pour légitimer son arrivée au pouvoir. Vous demandez de quoi souffrait le Président Bourguiba? De rien. Comme j’ai été son médecin personnel et j’ai été très proche de lui, je peux vous rassurer qu’il ne souffrait que d’insomnie. Je me rappelle qu’il m’appelait aux premières heures de la matinée, vers 2H00 et 3h00, pour me demander quoi faire pour pouvoir dormir. Il faut dire que par rapport à ses responsabilités, aux problèmes que posaient à l’époque les coopératives… être sujet d’insomnie est une chose attendue. Sauf que Bourguiba, qui croit à la science, n’a pas voulu m’écouter, en lui expliquant que c’est un problème psychique. Alors, il faisait appel à des psychiatres, bien qu’à cette époque la psychiatrie ne fût pas aussi développée comme aujourd’hui. Alors, ils ont choisi de lui prescrire des médicaments puis ils ont jugé qu’il faut passer aux électrochocs. Pour le Président Bourguiba, il était d’accord, l’essentiel pour lui était la guérison… J’ai essayé de le persuader afin d’oublier cette idée et je suis parti après lui à Bonn (Allemagne). J’ai cru que j’ai réussi ma mission mais à la dernière minute, il m’a convoqué et m’a demandé de ne pas le laisser seul… Je me souviens qu’il a voulu aussi partir aux Etats-Unis d’Amérique pour se soigner, mais je lui ai répondu que les Américains sont forts dans la technologie mais pas dans la médecine… D’ailleurs, dans ce sens, j’aime bien préciser que quand le Président Bourguiba a arrêté les traitements de la dépression a été d’une lucidité extraordinaire mais quand il les prenait, il se levait le matin complètement dans les vapes», a expliqué le Dr. Amor Chadli qui a suivi des années durant l’état de santé de Bourguiba.
Dans son ouvrage, l’auteur n’a pas oublié également d’évoquer le rapport entre le Président Bourguiba et Ben Ali, à l’époque chargé de la sûreté nationale, de Wassila Bourguiba, qui a été aussi la Régente de Carthage et de nombreux personnages publics qui ont entouré le leader comme Hédi Nouira, Allala Laâouiti… Tous ces détails et autres qui nous permettent de relire l’histoire, selon les nouvelles données racontées dans « Bourguiba tel que je l’ai connu : la transition Bourguiba- Ben Ali ».


Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com