Le rap et la révolution : L’émergence d’une culture underground





Le genre musical du rap a joué un rôle très important dans la Révolution du Jasmin.
En effet, il a été l’un des éléments déclencheurs d’un élan d’émancipation qui a conduit à la chute d’un régime.
Le rap a, depuis sa création, été un moyen d’expression inégalable pour une certaine jeunesse cloisonnée. Aux Etats-Unis, il a par exemple permis à la communauté afro-américaine de faire entendre sa voix, durant les années 80, grâce à des groupes comme «Public Enemy». Au même titre que le Jazz dans les cotton-fiels (les champs de coton), le hip-hip américain est né dans un milieu mis en quarantaine, en l’occurence le ghetto, et a sorti des hommes de la résignation. Le mot RAP lui-même signifie «Rythm and Poetry», mais aussi «Rage Against the Police». Des titres et des groupes de rap qui s’inspirent directement du mouvement civil de Martin Luther King ou bien encore Malcolm X et les Black Panthers. Des textes qui visent directement les symboles du pouvoir, sa police, ses représentants.
«Cette musique est pour les cas sociaux, qui n’ont pas cessé, de squatter le réseau»
Cette phrase est l’un des Leitmotive d’une chanson du rappeur Soprano et qui a rencontré un énorme succès auprès de la communauté maghrébine de France. Les chansons de ce rappeur comorien et celles du rappeur franco-sénégalais Booba (pour ne citer que lui ) ont fini par concurrencer la musique de variété. Les rappeurs français issus de l’immigration dénoncent dans leurs chansons le racisme ambiant, le chômage, la pauvreté et ce qui en découle comme inégalités… Et il y a fort à parier qu’avec Marine Le Pen en haut des sondages, de nouveaux rappeurs plus créatifs, plus révoltés vont émerger.
«La verdure tunisienne est par ta faute devenue le sable du désert»
En Tunisie, parmi les nombreuses formes de résistance ayant conduit à la chute du régime de Ben Ali, on peut citer le rap. En effet, le rap tunisien a joué un rôle prépondérant. Dans la mesure où la musique commerciale traditionnelle était dans l’incapacité de faire bouger des masses et de véhiculer des messages. Pire, elle participait au maintien d’une certaine léthargie. Contrairement au rap qui est énergie, fougue et mouvement, et donc aux antipodes. C’est une forme d’expression directe, contestataire et qui dépeint sans fioriture la situation dans laquelle est plongée la jeunesse de notre pays. «El Général» est devenu avec son titre «Rais Lebled» plus qu’un rappeur. Il est devenu un porte-flambeau. Son courage, sa détermination et la puissance de ses chansons ont eu raison d’une dictature âgée de plus d’une vingtaine d’années. Citons Psycho M et Dali Ben Jema. De jeunes hommes qui sont un emblème et autant d’exemples à suivre.


M. WALEY EDDINE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com