MJTL : Le parti des chômeurs… qui en veulent !





Dignité, liberté, développement, travail... Ils viennent de créer leur parti politique et ils sont chômeurs, mais ne citent le «travail» qu’en dernier dans leur credo. Les jeunes du MJTL que préside Sahbi Mokhtari étonnent.
Le Bureau fondateur du Mouvement des jeunes tunisiens libres (MJTL) est constitué de diplômés de l’enseignement supérieur, la majorité au chômage. Un paradoxe qu’ils décrivent comme une incitation qui les a poussés à «escalader les montagnes», citant Aboulkacem Chebbi sur le texte. Et cela veut dire engagement tous azimuts,: «Nous sommes membres de la société tunisienne, et spécialement de jeunes tunisiens avec tout ce que cela implique aujourd’hui au niveau national et international et nous voulons prouver que la jeunesse tunisienne est capable de faire beaucoup, avec des compétences dans tous les domaines (intellectuel, social, scientifique, économique, politique...), à condition qu’on leur en donne l’opportunité», affirment-ils.
Libéralisme, identité nationale et arabo-musulmane
«L’idée de fonder ce parti était en gestation depuis 23 années... en tout jeune tunisien, jusqu’à ce que la Révolution ait éclaté. La politique de répression est passée aux oubliettes alors que la balle est revenue dans le camp des jeunes qui ont fait cette Révolution et, pour la préserver et poursuivre sur sa lancée après avoir définitivement coupé avec la «préhistoire» de la politique tunisienne, c’est-à-dire l’ancien régime, nous avons décidé de créer le MJTL», souligne Sahbi Mokhtari, président du parti
Pour ces jeunes, le but est d’abord patriotique, pour la Tunisie, et précisément pour la jeunesse tunisienne, mais ils soulignent que cela ne veut pas dire qu’ils sont fermés aux autres Tunisiens. Ils acceptent les jeunes d’esprit et de cœur, sans considération d’âge, ni de niveau d’enseignement, ni de sexe... parmi leurs rangs. «Nous souhaitons mobiliser les énergies tunisiennes en général pour améliorer et encadrer les capacités tunisiennes et les mettre au service du pays et de la nation arabo-musulmane, avec la réserve qu’ils ne seront pas en contradiction avec l’ouverture sur le monde qui aura tout bénéfice sur nous et notre nation», précisent-ils.
Leur idéologie ? Pas dans le sens orthodoxe mais plutôt un panorama, un «cocktail» fait de tout ce qui verse dans l’intérêt de la Tunisie et de la nation arabo-musulmane: «Nous sommes pour un libéralisme juste et au service des intérêts de la population et pour la préservation de l’identité nationale et arabo-musulmane».
Aller à l’origine de l’amélioration de l’emploi
Ce groupe de jeunes, qui tient à préserver les acquis de la Révolution tunisienne du 14 janvier et qui fera face à tous ceux qui essaieront de monter la vague, a déjà des priorités. La première, c’est montrer qui ils sont et expliquer aux jeunes tunisiens leur philosophie politique. Pour cela, ils ont établi des mécanismes: forums, rencontres, excursions, festivals, échanges entre leur mouvement politique et les hommes d’affaires pour aller à l’origine de l’amélioration des opportunités d’emploi et défendre surtout les diplômés au chômage. «Pour les jeunes tunisiens qui se sont habitués pendant 23 ans à un régime qui leur a imposé ses conceptions, les acculant à ne plus décider de leur avenir, nous voulons offrir des chances de recyclage, en plus de l’enracinement en eux des valeurs de liberté, de démocratie, de dignité...», attestent-ils.
Quant à la littérature du MJTL, ils rappellent qu’ils sont au chômage et qu’ils ont donc très peu de moyens, appelant à l’occasion les consciences des Tunisiens à les rejoindre pour travailler avec eux. Cependant, ils disent que, de la faiblesse, ils veulent créer une force et comptent bientôt créer une publication hebdomadaire avec leurs points de vue, leur programme, leurs news... Ils prévoient d’ailleurs de profiter des fêtes des 20 et 21 mars et surtout du 9 avril (fête des Martyrs) pour organiser un petit festival pour se présenter aux Tunisiens. «Certains hommes d’affaires nous soutiennent et nous souhaitons que d’autres leur emboîtent le pas. Il y a beaucoup à faire et, en tant que société civile, si nous permettons la réémergence de partis d’envergure démesurée, nous courons le risque de retomber dans les détournements de l’ancien régime», concluent-ils.
Manoubi AKROUT


Bureau fondateur
- Sahbi Mokhtari, président du parti
- Taoufik Makhloufi, vice-président
- Mohamed Ouni, Conseiller juridique et porte-parole du parti
- Néjib Dhaouadi, secrétaire général du parti
- Karim Hamdani, Trésorier
- Mohamed-Chaker Akrouti, chargé de l’information
- Hassen Messaoudi, chargé des relations avec les citoyens
- Boutheina Labiadh, chargée des affaires de la femme
- Nabiha Bédoui, chargée des affaires de la femme
- Hakim Jaballah, chargé de la promotion
- Et autres membres dont Abderrahmane Akrouti, Ibrahim Saoudi, Chérif Dhaouadi, Wissem Rabhi, Fethi-Zouheir Hmada, Mohamed-Néjib Mehrzi, Mohamed Hemlaoui, Aymen Ouni, Abdessattar Ferchichi, Kamel Ben Mnaouer Ouni, Noureddine Arraki, Imen Zemzmi, Emna Bentouati, Hana Messaoudi


Credo du MJTL
- Dignité, liberté, développement, travail...
- Travailler en permanence à unifier les orientations de la société civile (partis politiques, associations, organisations) pour faire véhiculer les buts communs à la Tunisie
- Œuvrer au respect de la loi et de la Justice
- Faire face à toutes les formes de violence
- Soutenir l’édification de l’Etat de droit et des institutions
- Défendre les droits de l’homme
- Préserver tous les acquis de la femme tunisienne et les promouvoir


Qui est Sahbi Mokhtari ?
Sahbi Mokhtari, président du parti, est maîtrisard en sciences naturelles, 1ère année Master Biologie moléculaire et cellulaire, délégué au sein du Conseil scientifique de la Faculté de sciences de Sfax, quatre années en club de théâtre à Sfax, activiste de la société civile, recteur d’un groupe Facebook sur le parti MJTL.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com