Le panier de la menagerie : Certains prix demeurent statiques, d’autres en hausse continue





Plusieurs Tunisiens se plaignent de la cherté de la vie ! Les petites bourses suffoquent. Les familles moyennes arrivent à peine à joindre les deux bouts. Etat des lieux…
Nous sommes dans un hypermarché au centre-ville de Tunis. Nous ne sommes encore qu’au début de ce mois de mars, et pourtant le mouvement ne se fait pas du tout dense par-ici ! Les caddies et chariots restent enchaînés et bien en place. Les quelques clients qui circulent se contentent de prendre de petits paniers. Leurs courses se limitent au strict minimum. Légumes, huile, tomate, poulet, œufs, pâtes, lait, beurre et pain, sont presque le must de tous. Ce modeste panier coûte pourtant en moyenne plus ou moins 16 dinars.
Certaines femmes prennent, en parallèle, des produits nécessaires, quelques friandises, des yaourts, des couche-bébé, des produits détergents… Mais une fois à la caisse, elles abandonnent certains articles parce que l’addition dépasse le seuil de leur capacité !
Les prix avant et après le 14
Quelques jours avant le 14 janvier, le président déchu, a revu à la baisse le prix de certains produits de base. Ceci n’a pas donné satisfaction au peuple. Plusieurs personnes trouvent au contraire que les prix sont en hausse continue. Mme Hayet A. en suffoque. Elle dit que sa famille n’arrive plus à assurer le minimum pour vivre dignement. « D’abord, on ne fait pas que des dépenses alimentaires ! Mon mari, mes trois enfants et moi avons des frais fous ! Nous sommes propriétaires d’un appartement, mais on paye les factures d’eau, d’électricité et de gaz. Chaque mois, nous laissons cent dinars de côté pour les factures. Nos courses quotidiennes coûtent entre quinze et vingt dinars au minimum et ce, sans prendre en considération les extras, et sans compter l’argent de poche de mes fils. Et n’oublions pas que les frais d’études, les fournitures, les cours particuliers, l’habillement, les soins…coûtent à eux seuls une petite fortune ! De plus, on paye un crédit logement. Mon mari et moi sommes deux salariés. Ensemble, l’on a une rentrée mensuelle de 1300 dinars. On n’arrive jamais à joindre les deux bouts ! L’on n’a pas seulement des fins de mois difficiles…On suffoque et on s’endette depuis la moitié du mois. Les Tunisiens s’attendaient à une véritable révision des prix, cela devrait être parmi les priorités du gouvernement. La majorité des Tunisiens appartiennent à la classe moyenne et ils souffrent tous de la cherté de la vie ».
De son côté, Mlle K.B. employée dans l’hypermarché, dit que les prix ont nettement augmenté depuis le 14 janvier. «Si on baisse de quelques dizaines ou centaines de millimes le prix des produits alimentaires de base, on augmente le coût d’autres produits. Cela ne veut pas dire que les dépenses des Tunisiens restent les mêmes, au contraire, c’est en hausse continue. Parce que si le prix d’une boîte de concentré de tomates a passé de 1,670 à 1,600, le prix d’une boîte de thon par exemple, a augmenté d’environ 500 millimes ! Donc de quelle baisse de prix parle-t-on ?! Et ceci n’est qu’un exemple ! Tous les prix que ce soit ceux des produits alimentaires ou autres sont en hausse continue. D’ailleurs, même en période de promotion, on baisse le prix d’un ou deux articles et on hausse celui de plusieurs autres articles à usage courant».
Au passage à la caisse, la grande majorité des Tunisiens sont presque pris de panique. Certes, ils rentrent à la maison avec des provisions nécessaires, mais avec quelques piécettes seulement en poche. Nombreux sont les Tunisiens hantés par le spectre de l’endettement. Le fantôme des dettes guette la majorité d’entre nous. Dernièrement, plusieurs salariés ont bénéficié d’une augmentation salariale. La révision des salaires n’a pas englobé hélas tout le monde. Et ce sont ceux qui, pourtant, ont fait preuve de patriotisme et qui ont refusé de se joindre aux rangs des grévistes qui souffrent le plus aujourd’hui. Par amour pour la Tunisie et par loyauté à leurs employeurs, ils ont refusé de profiter de la révolution pour des demandes personnelles. Maintenant que la roue se remet à tourner, un très grand nombre de Tunisiens se retrouvent de nouveau face aux dépenses et frais harassants sans pouvoir voir le bout du tunnel…
Abir CHEMLI


Le panier d’une ménagère après le 14
Huile d’olive 4,990dt les 750 ml, huile de table : 2,870dt le litre
Pâtes : couscous 795 millimes le kilo, macaroni 410 millimes le ½ kilo, 1,850dt le kilo de riz.
Farine : 630 millimes
Sucre en vrac : 970 le kilo
Beurre en paquet de 100 gr 1,400dt à 1,550dt, selon la marque
Lait demi-écrémé : 920 millimes la bouteille et 970 millimes le paquet
Concentré de tomates : 1600 les 800gr
Œufs en paquet : 2,200dt le pack de 15 œufs et celui des œufs en vrac est plafonné à 480 millimes les 4.
Poulet emballé, selon les marques : le kilo va de 5290 à 5750 ! Quant au prix du poulet en vrac, il est plafonné à 4.200 le kilo
Détergents : de 970ml à 1,100dt
Soit le total de 16,000 au minimum !


Statistiques
Selon les chiffres publiés par l’Institut national des statistiques (INS), concernant les consommations familiales, l’indice des prix à la consommation familiale a enregistré une baisse durant le mois de février 2011. Il s’est établi à 3,2% contre 4,9% à la même période en 2010. Le glissement sur le mois de décembre montre un recul de 0,7%. A noter que l’indice est de 3,5% au mois de janvier 2011. Cette baisse se serait répercutée sur tous les produits consommés, soit 3,3% pour les produits alimentaires et les boissons, 3,6% pour les articles d’habillement et chaussants, 3,9% pour le logement, eau et électricité. Les restaurants et les hôtels ont maintenu leur indice avec une légère baisse, soit 6,3%. Celui des communications a baissé de 1,1%




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com