«Art dans la rue n°2» : Quand l’art s’émancipe





Entre les voitures calcinées, transformées en œuvres d’art, une belle sélection de photographies sur la Révolution tunisienne sera exposée, aujourd’hui, à partir de 9h00, à Carthage Byrsa.
«C’est un clin d’œil à la Révolution tunisienne qui a tout balayé et libéré. L’art contemporain est le miroir du vécu. C’est une pratique qui échappe de ces lieux traditionnels d’exposition, comme les galeries d’art, pour se situer dans un cadre ouvert, libre de toutes contraintes où tout est naturel… Rien n’est étudié, tout se crée dans l’instant, spontanément, et chaque citoyen peut y apporter sa contribution, mettre sa touche personnelle. D’ailleurs, c’est pour cette raison que j’ai opté pour ce terrain étatique délaissé et qui a servi durant la Révolution comme dépotoir des voitures calcinées… Avec « Art dans la rue », nous soutenons la Révolution et nous prônons la liberté d’expression et de création», nous a expliqué l’artiste Faten Rouissi, également universitaire, l’initiatrice de ce programme artistique très spécial de dimanche et dont la 2e phase est pour aujourd’hui.
Plasticienne tunisienne dont la démarche artistique est très singulière, Faten Rouissi excelle dans les installations. Ses expositions au palais Al-Abdelliya ou encore à la galerie Kalysté témoignent d’un souci incessant de créer et de chercher au-delà des sentiers battus, des poncifs… Portée par ce vent de liberté qui a soufflé sur toute la Tunisie et tous les domaines sans exception, l’artiste a lancé son idée sur le réseau social «Facebook», appelant citoyens et artistes à se rencontrer et à libérer leur imaginaire et leur talent pour faire de ces voitures brûlées des supports artistiques, pour donner à la rue et à la ville d’autres couleurs, lui insuffler une nouvelle âme… Un appel qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. De nombreux artistes ont été au rendez-vous, soutenant l’artiste et appuyant son projet dont nous citons Mahmoud Chalbi, Hamadi Ben Saâd, Besma Haddaoui, Najet Guérissi, Marianne Catzaras. Idem pour les habitants du quartier et de passagers qui ont trouvé dans l’initiative de quoi meubler intelligemment et gaiement le dimanche.
Tout évolue…
«C’est une action bénévole, indépendante, à travers laquelle nous voulons inciter le ministère de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine et toutes les institutions concernées à promouvoir davantage l’art contemporain, en créant des structures adéquates et solides», nous a précisé l’artiste sur un ton enthousiaste, espérant que l’avenir sera meilleur.
Alors quel programme pour aujourd’hui, dimanche 13 ?
Cette fois-ci et comme toujours, l’invitation est ouverte et l’accès est toujours libre. Sauf que pour aujourd’hui, l’initiatrice du programme propose une exposition d’installations et de photographies entre ces voitures colorées… «Pour les conditions climatiques, nous n’avons aucun problème, même s’il pleut, nous serons contents. Aujourd’hui, c’est l’art qui sort dans la rue, pour aller vers le citoyen… Nous cherchons l’interactivité entre artiste et citoyen… Ce qui n’évolue pas aujourd’hui, dans cette atmosphère de liberté, va certainement reculer pour être dépassé… Tout évolue», a-t-elle souligné, répétant la fameuse citation de John Cage que «L’art ne devrait pas être différent de la vie, mais être une action dans la vie».
Intéressés, n’hésitez pas à vous rendre à partir de 9h00, vers ce terrain délaissé à Carthage Byrsa où sont déposées les voitures calcinées…


Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com