Après le séisme et le tsunami : La grande menace nucléaire





La terre qui a tremblé au Japon a généré un tsunami dévastateur qui a ravagé tout sur son passage. Mais ce n’est pas encore fini, puisque le nuage radioactif qui s’échappe de la centrale nucléaire de Fukushima menace de se disperser dans le monde entier.
Le nuage radioactif qui s’échappe de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, devrait se déplacer vers le Pacifique plutôt que vers l’Asie du fait de la direction actuelle des vents, ont déclaré hier des experts.
Le Quotidien-Agences
Après la catastrophe de Tchernobyl en 1986, le nuage radioactif s’était répandu dans l’hémisphère Nord en trois semaines environ.
Au Japon, les particules radioactives qui se sont échappées de la centrale de Fukushima-Daichi, à 240 km au Nord de Tokyo, devraient prendre la direction de la capitale, a déclaré Gerhard Wotawa, du service autrichien de météorologie ZAMG qui conseille l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Vienne.
Ensuite, le nuage devrait se diriger vers le Pacifique, a-t-il dit, ajoutant qu’il devrait également, à un certain stade, se disperser dans le monde entier.
Etant donné les vents dominants, les premiers pays à détecter un nuage plus dilué pourraient être les Etats-Unis et le Canada.
La Russie a signalé hier une légère hausse de la radioactivité dans ses régions extrême-orientales, mais la Chine n’a pas fait état de niveaux anormaux.
Quel bilan
pour Tchernobyl ?
A Genève, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a renforcé ses systèmes de surveillance par satellite.
«A ce stade, toutes les conditions météorologiques sont au large, donc il n’y a pas d’implications pour le Japon ou les autres pays proches du Japon», a déclaré Maryam Golnaraghi, une responsable de l’OMM, lors d’une conférence de presse.
«Les vents dispersent des particules introduites dans l’atmosphère du site de l’accident vers l’océan, c’est-à-dire vers le Nord-Est et l’Est de la centrale de Fukushima», a précisé l’OMM un peu plus tard dans un communiqué.
«Ces conditions varieront en fonction de l’évolution des systèmes climatiques dans la période à venir», a-t-elle dit.
A Tchernobyl, le nuage radioactif avait été propulsé très haut dans l’atmosphère, où les courants de haute altitude avaient accentué sa diffusion, soulignent les experts.
Le bilan définitif de l’accident le plus grave de l’histoire du nucléaire civil fait débat.
D’après une étude de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publiée en 2006, la catastrophe provoquera au total 9.000 décès par cancer en Ukraine, en Biélorussie et en Russie. Greenpeace conteste ce chiffre, évoquant 93.000 décès possibles.
Zone d’exclusion
Au Japon, les particules semblent se répandre à une altitude plus faible, ce qui fait dire au professeur Malcolm Sperrin, du Royal Berkshire Hospital à Londres, que «ce n’est absolument pas un événement de type Tchernobyl».
Dans le scénario le plus grave d’une explosion qui endommagerait le caisson contenant le cœur du réacteur, les particules radioactives seraient projetées dans une zone de 20 km, a ajouté Malcolm Sperrin.
L’incendie dans un bassin de rétention de combustible usagé, survenu hier dans le réacteur n°4, pourrait être selon lui de moindre gravité.
«Cela retombera sur terre à l’intérieur de la zone d’exclusion. Donc quiconque se déplacera et travaillera à l’intérieur de cette zone d’exclusion devra être très minutieusement contrôlé», a-t-il dit.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com