Dernière localité avant la frontière libyenne : Jemila, ville des stations-service….





C’est la dernière localité habitée avant la frontière libyenne. Sur les deux bords de la route menant vers la frontière libyenne, on peut trouver de tout. Essence, devises, produits alimentaires, vêtements... c’est presque la caverne d’Ali Baba des temps modernes.
De notre envoyé Mohamed M’DALLA
A juste 4 km de Ben Guerdane et à 28 km de la frontière libyenne, la localité de Jemila est le dernier village habité sur la route vers la Libye. Situé sur la route vers Tripoli, ce village compte près de 5000 habitants. Sans aucune source et activité pour ces habitants, seul le commerce clandestin y est à profusion: essence, devises, et contrebande…Tout est permis pour se débrouiller.
Sur le bord de la route un panneau indique la route vers Tripoli, 244 km. Un autre panneau indique la direction du Caire. En fait, c’est par cette route que transitent les voyageurs et les marchandises entre la Libye et la Tunisie. D’ailleurs, cette route terrestre qu’empruntait le président Kadhafi lorsqu’il se rendait en Tunisie, est totalement financée par le gouvernement libyen, selon les habitants.
Situées entre Ben Guerdane et Ras Jedir, sur près de 4 km, des cabanes, implantées sur les deux bords, l’une à côté de l’autre, proposent des lignes et recharge téléphoniques, des poteries traditionnelles, de l’essence, et surtout des devises. Sur le bord de la route principale, des jeunes, des adolescents, agitaient des billets de banque, des sommes énormes. En fait, c’est de la monnaie tunisienne ou libyenne, de l’euro et même des dollars. Afin d’attirer les automobilistes, ces jeunes ne cessent de les agiter.
Ce jour-là, on apprend une mauvaise nouvelle, pour ces marchands et la clientèle aussi: le prix de l’essence a grimpé de 3 dinars, pour atteindre les 28 dinars les 20 litres, en raison des conditions d’insécurité du transport du fuel de l’autre côté de la frontière.
Certes, ces opérations sont clandestines. Mais elles sont tolérées bien que transgressant la législation sur les devises en Tunisie.
Il y a quelque temps, au mois de Ramadan exactement, le gouvernement a décidé de fermer la frontière, alors toute la ville s’est révoltée. Ces émeutes, dont personne n’osait parler à l’époque, durèrent plus de 17 journées. Le gouvernement a donc compris le jeu et a décidé de rouvrir la frontière, et de laisser faire.
Depuis le début de la crise libyenne, le commerce est presque mort à Jemila. La route est presque désertée. Quelques voitures y passent sans même prendre la peine de regarder. Même le commerce du fuel a régressé depuis. Les marchands de devises ont déménagé vers le point de passage de Ras Jedir ou le camp de Choucha, là au moins il y a du travail, même si la situation reste encore difficile.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com