Mercredi noir au Bahreïn





Fort de l’appui du «Bouclier de la Péninsule», le régime bahreïni a repris le contrôle de la capitale Manama après un assaut sanglant contre les manifestants.
Le Quotidien- Agences
Les forces de l’ordre bahreïnies ont contrôlé hier le centre de la capitale Manama à l’issue d’un assaut sanglant contre des manifestants chiîtes qui s’est soldé par la mort de trois manifestants et deux policiers.
De crainte de nouveaux troubles, les autorités ont décrété un couvre-feu dans ce secteur et annoncé une interdiction des marches et rassemblements à travers le petit archipel peuplé en majorité de chiîtes et gouverné par une dynastie sunnite.
Mais de jeunes activistes ont appelé à une marche dans une banlieue ouest de Manama au moment où, selon des habitants, des protestations se tiennent dans des localités et des villages chiîtes.
Selon des images de la télévision officielle, la police quadrillait la place de la Perle, épicentre de la contestation contre la famille royale des Al-Khalifa, et des bulldozers ont dégagé le quartier financier, dont les accès avaient été barrés par des blocs de béton placés par les manifestants.
La place portait encore la trace de la violence de l’intervention: tentes déchirées, restes de foyers d’incendie et débris éparpillés.
L’assaut est intervenu après la proclamation de l’état d’urgence par le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa, fort de l’appui des monarchies voisines du Golfe qui ont envoyé des forces pour l’aider à contenir la contestation.
Des centaines de policiers, arrivés à bord de chars, de transports de troupes et de bus, ont pris le contrôle de la place de La Perle après avoir dispersé les manifestants avec des gaz lacrymogènes.
«Nous avons maintenant trois morts et un grand nombre de blessés», a déclaré à l’AFP un député de l’opposition. «La situation est catastrophique. Les forces ont tiré à balles réelles», a ajouté Khalil Marzouk, du mouvement chiîte Wefaq.
Le ministère de l’Intérieur a indiqué de son côté que deux policiers avaient été tués lors de l’assaut, renversés par des véhicules de manifestants, ce qui porte à quatre le nombre de policiers tués de cette manière en deux jours.
Depuis le début de la contestation, il y a un mois, quinze personnes sont mortes, quatre policiers et onze manifestants, selon un bilan de l’AFP.
Le ministère de l’Intérieur a affirmé que les manifestants avaient mis le feu pendant l’assaut à des tentes et fait exploser des bouteilles de gaz pour retarder la progression des policiers. Il a ajouté avoir repris le contrôle du complexe hospitalier de Soulaymania, le plus grand de la capitale, où étaient retranchés des protestataires.
«Il n’y avait aucun moyen de résister», a déclaré l’un des manifestants de la place de La Perle.
Dénonciation
Le chef du Wefaq, cheikh Ali Salmane, a dénoncé sur la télévision Al-Jazira, l’assaut et affirmé que «la solution ne viendra pas des canons».
Les protestataires ont occupé la place depuis le 19 février pour exiger des réformes politiques, voire, pour certains, le départ de la dynastie sunnite gouvernant le pays.
La France a «déploré» les violences. Le dialogue «constitue la meilleure voie possible pour restaurer la confiance et répondre aux attentes qui se sont exprimées», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bertrand Valero.
Le pouvoir a proposé à l’opposition dominée par les chiîtes un dialogue sur des réformes politiques, une offre restée sans suite en raison d’une exigence des opposants de la démission du gouvernement.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a pour sa part affirmé que l’intervention de forces des pays du Golfe pour mettre un terme à la révolte populaire était «un acte hideux voué à l’échec».
Les autorités bahreïnies ont annoncé hier la fermeture de la Bourse, des écoles et des universités dans le pays où le roi a proclamé l’état d’urgence pour contenir la contestation populaire.
«La Bourse de Bahreïn sera fermée en raison de la proclamation de l’état d’urgence dans le royaume», selon un communiqué officiel.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com