Libye : Les Arabes prêts à intervenir





Au moment où les forces pro-Kadhafi continuent leur avancement vers Benghazi, le ministre français des Affaires étrangères a affirmé hier que «plusieurs pays arabes» étaient prêts à intervenir.
Le Quotidien-Agences
Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a affirmé hier sur son blog que «plusieurs pays arabes» étaient prêts à «une participation effective» à une opération militaire en Libye, ajoutant qu’il n’était «pas encore trop tard» pour intervenir.
«Seule la menace de l’emploi de la force peut arrêter Kadhafi. C’est en bombardant, avec les quelques dizaines d’avions et d’hélicoptères dont il dispose réellement, les positions de ses opposants que le dictateur libyen a renversé la balance», écrit le chef de la diplomatie française.
«Nous pouv(i)ons neutraliser ses moyens aériens par des frappes ciblées. C’est ce que la France et la Grande-Bretagne proposent depuis deux semaines», poursuit-il.
«A deux conditions : obtenir un mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies, seule source de droit international en matière d’usage de la force; agir non seulement avec le soutien mais aussi la participation effective de pays arabes. Cette deuxième condition est en voie d’être remplie: plusieurs pays arabes nous ont assuré qu’ils participeraient», ajoute-t-il.
Interrogé lors d’un point de presse, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero, n’a donné aucune précision sur les pays qui seraient ainsi prêts à s’engager.
Mise en garde
D’autre part, le président français, Nicolas Sarkozy, a appelé, hier, le Conseil de sécurité de l’Onu à prendre ses responsabilités en imposant «sans délai» une zone d’exclusion aérienne en Libye pour mettre fin aux «actions meurtrières» de Mouammar Kadhafi.
La France, la Grande-Bretagne et le Liban ont présenté aux Nations unies un projet de résolution prévoyant de nouvelles sanctions contre Tripoli.
Les ministres des Affaires étrangères du G8 réunis mardi à Paris ne sont pas parvenus à un accord sur l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne prônée par la Ligue arabe mais rejetée par Berlin et jugée avec circonspection par Moscou.
Critique
Plusieurs députés européens, dont les chefs de file des groupes des élus libéraux et verts, ont dénoncé avec force hier la passivité de l’Union européenne face à la contre-offensive du colonel Kadhafi en Libye.
«Si Kadhafi prend Benghazi ce sera un véritable massacre», a mis en garde le président du groupe libéral, l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, au cours d’un débat au Parlement des présidents de l’UE, Herman Van Rompuy, et de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
 Alors que les rebelles sont sous le feu des forces de Mouammar Kadhafi, «l’UE envoie des missions d’informations à Tripoli» et «nous refusons d’aider le peuple libyen à faire sa révolution démocratique», s’est indigné Verhofstadt.
 «L’attitude de l’UE me dégoûte et me rend malade», a-t-il ajouté, applaudi par de nombreux députés. «Nous n’avons rien appris du passé, rien du tout», a regretté le chef du groupe libéral, en évoquant «une nouvelle page noire de l’UE».
 «Je suis un Européen convaincu mais je ne compte pas sur l’Union européenne en ce moment. Je compte sur la France, je compte sur le Royaume-Uni, je compte sur les Etats-Unis pour donner l’exemple», a conclu M. Verhofstadt.
Benghazi menacée
Sur le terrain, Vingt-six personnes ont été tuées depuis avant-hier à Ajdabiya, dernier verrou des rebelles à 160 km au sud de leur fief de Benghazi, dans des combats entre insurgés et forces gouvernementales, a déclaré à l’AFP le docteur Abdelkarim Mohammad de l’hôpital d’Ajdabiya.
A Tobrouk, à l’extrême est de la Libye, tout semblait calme hier en début d’après-midi, selon des journalistes de l’AFP.
En revanche, les rues de Benghazi, 2e ville du pays prise par les insurgés quelques jours après le début de la révolte et siège de leur Conseil national de transition (CNT), était quasi désertes en début de matinée. Les insurgés contrôlaient encore la route entre les deux villes, selon les journalistes.
En écho à ce discours belliqueux, l’armée libyenne a annoncé dans un communiqué une opération imminente contre Benghazi, à un millier de kilomètres à l’est de Tripoli.
L’Est de la Libye sera libéré «des forces obscures» dans les deux prochains jours, a affirmé un des fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif Al-Islam, dans une interview hier au groupe de télévision privé britannique ITN.
Avant-hier, l’aviation et l’artillerie lourde ont été lancées contre Ajdabiya, dernier verrou des rebelles à 160 km au sud de Benghazi.
Les autorités libyennes ont annoncé avant-hier soir qu’Ajdabiya était sous contrôle des forces gouvernementales. Le porte-parole militaire du CNT, Khaled El-Sayeh, a démenti toute retraite des insurgés vers Benghazi, malgré des scènes de débandade dont a été témoin un journaliste de l’AFP.
Ajdabiya, ville fantôme
Face à la percée des troupes de Mouammar Kadhafi dans l’Est, un flot de Libyens et d’étrangers rejoignaient hier l’Egypte à bord de leurs voitures chargées de bagages.
Au poste-frontière égyptien de Salloum (est), des témoins ont raconté qu’Ajdabiya était devenue une ville fantôme. «Nous somme terrifiés, c’est horrible à Ajdabiya, ma maison est détruite», a raconté Zeinab Al-Charif, une étudiante qui a fui la ville.
Selon des médecins, les combats à Ajdabiya ces deux derniers jours ont fait au moins cinq morts et une vingtaine de blessés.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com