Investissements étrangers : La raffinerie de Skhira remise au goût du jour





Le projet de la raffinerie de Skhira qui a risqué ne jamais voir le jour à cause de la scandaleuse tentative de corruption impliquant l’ancien régime est remis à l’ordre du jour.
C’est M. Noureddine Zekri, le directeur général de l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA), qui a confirmé, hier lors d’une conférence de presse, que les négociations ont été bel et bien relancées pour la construction de la deuxième raffinerie de pétrole en Tunisie. L’affirmation vient suite à la révélation surprenante faite par Ahmed Kédidi, ambassadeur de Tunisie à Doha, selon laquelle la raffinerie de Skhira dont la réalisation a été prévue en 2010 a risqué de ne jamais voir le jour à cause d’une affaire de pots-de-vin impliquant le régime déchu.
Le 1er mars courant, M. Kedidi a divulgué à la chaîne Al Jazeera les vraies raisons ayant poussé Qatar Petroleum International à renoncer à son projet d’investir 6,3 milliards de dollars, soit plus de 8,8 milliards de dinars tunisiens pour l’installation de la deuxième raffinerie de pétrole en Tunisie. Le projet dont la capacité de production devait avoisiner les 140 mille barils par jour et générer plus de 1200 emplois était en effet conditionné au versement par les dirigeants qataris d’une commission de l’ordre de 700 millions de dollars à Abdelwahab Abdallah. La somme était destinée «à assurer et fortifier» le projet, selon l’argument avancé par l’ex-conseiller du président déchu.
Aujourd’hui, les négociations sont relancées entre les dirigeants du géant pétrolier qatari et les structures chargées des investissements étrangers en Tunisie. «Les Qataris ont réaffirmé leur volonté de construire la raffinerie de Skhira», assure M. Noureddine Zekri, notant que le projet figure parmi plus d’une dizaine de grands projets proposés par des investisseurs devant être soumis à l’examen des instances compétentes.
M. Zekri a affirmé par ailleurs que la tendance de la reprise qui a été constatée à partir de la fin du mois de janvier continue à se confirmer surtout à travers l’engagement des entreprises étrangères à préserver leurs sites en Tunisie après la nouvelle donne engendrée par la Révolution. Il a également mis l’accent sur ce qu’il a appelé «le nouveau climat créé au sein des entreprises étrangères après la vague des demandes sociales ayant touché toutes les activités». Il devait indiquer dans la même perspective que les investisseurs étrangers étaient nombreux à exprimer leur estime à l’égard de l’état d’esprit et du sens de la responsabilité démontré par la majorité des employés qui ont défendu leurs entreprises contre les saccageurs lors des périodes d’instabilité qui ont marqué le pays. Cela n’empêche toutefois que des IDE aient été contraints de fermer leurs entreprises à la suite des pertes considérables qu’ils avaient subies à causes des émeutes. Le bilan établi à ce niveau montre en effet que 34 entreprises étrangères ont fermé les portes mettant plus de 2400 ouvriers au chômage. Des pertes auxquelles il faut ajouter un manque à gagner considérablement important, puisque dans des circonstances différentes, ces entreprises auraient pu créer des emplois supplémentaires.
Le directeur général de la FIPA a souligné d’autre part que la nouvelle donne générée par la Révolution a imposé une révision de la stratégie de communication pour drainer les IDE. «Aujourd’hui, le travail va se faire dans le cadre d’un plan de communication commun impliquant la FIPA, la CEPEX et l’API», annonce-t-il.
L’objectif consiste en effet à trouver une meilleure synergie entre les différents intervenants et mettre fin à l’éparpillement des efforts qui a longtemps caractérisé les politiques de promotion des structures impliquées. La Tunisie a perdu, selon M. Zekri, beaucoup de temps et énormément d’opportunités d’investissement à cause de la façon dont étaient gérés les grands projets par l’ancien régime. Il assure que l’ère des circuits parallèles est révolue et que désormais tous les dossiers seront traités par les services habilités.

Hassan GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com