D’une révolution populaire vers une économie prospère





Par Soufien Boumessouer (*)
Certes, les émeutes, la révolte du 14 janvier et les grèves post-révolution ont beaucoup changé. Sur le plan politique, il y avait la constitution d’un gouvernement provisoire après la fuite de l’ex-président en Arabie Saoudite. Cette révolution tunisienne est qualifiée d’exemplaire. Elle opte pour une transition rapide vers une politique différente qui va garantir une vie meilleure aux Tunisiens. Mais ce changement a engendré une certaine instabilité économique qui se manifestait par le dysfonctionnement partiel des systèmes administratifs, du marché boursier et du secteur bancaire. Ceci a engendré la diminution de la notation de Fitch Ratings de BBB à BBB- (concernant la note de défaut émetteur à long terme en devises). Le rôle de l’Etat est déterminant en cette période critique pour restaurer l’économie.
Il faut mettre en œuvre une politique fiscale et budgétaire convenable au tissu économique tunisien tout en garantissant une croissance économique capable d’amortir le taux de chômage qui dépasse les 14%. La construction de l’économie doit se faire par étapes, suivant des objectifs tracés au préalable par l’Etat et qu’elle soit axée sur le peuple pas sur la minorité (les riches). D’autre part, notre économie doit être indépendante des pouvoirs économiques extérieurs comme la France, l’Italie... car ces derniers agissent purement pour leurs intérêts, profitant ainsi de la qualification et du bas prix de la main-d’œuvre tunisienne. En réalité, l’indépendance économique face à l’Europe ne peut pas se faire du jour au lendemain. Mais il est temps de viser nos objectifs à long terme pour édifier une économie solide basée sur différents secteurs (agriculture, industrie…). On doit aussi tenir compte de la potentialité et la spécificité régionale pour créer la richesse du pays. Et parmi les facteurs-clés de la réussite des entreprises, c’est la mise en valeur de la «corporate governance». Cette notion était négligée dans nos entreprises tunisiennes. On a oublié qu’on vit dans un monde concurrentiel où la compétitivité constitue l’élément décisif de la pérennité des firmes. Dans ce cadre, il y avait le «phénomène de la privatisation» de certaines entreprises publiques comme la STEG et TUNISIE-TELECOM qui, sans doute, constituaient la propriété du peuple. Donc, on ne peut pas les vendre à des tiers. D’autre part, l’Etat doit annuler les mégaprojets qui coûtent une fortune, ne génèrent pas de profits et qui semblent inutiles (l’aéroport d’Enfidha par exemple). Il faut aussi inciter les multinationales à venir investir dans les régions intérieures pour éliminer ce déséquilibre régional qui a été l’origine des émeutes. Concernant le tourisme qui est incontestablement un secteur-clé dans l’économie (sa contribution est de 7% dans le PIB en 2010, et génère 20% des recettes en devises) il incite les responsables à diversifier le produit touristique comme le tourisme médical, culturel tout en restructurant le tourisme balnéaire. Donc, bien que la Tunisie n’ait pas de ressources naturelles elle est riche par ses jeunes qui ont conduit le train de la révolution et peuvent gérer une économie prospère et saine.
(*) (Étudiant en gestion)


The wall: les murs de la révolution
Ce précédent poème date déjà de plusieurs années. Pour son dixième anniversaires, j’ai eu le souhait de le publier Il est aujourd’hui temps de le mettre à jour et de l’actualiser. Tellement cette riche symbolique du mur me tient à cœur *
Ne cessant de me parler, de me chuchoter à toute heure
Les murs virtuels sont aujourd’hui à l’honneur.
De la révolution, ils furent la matrice, le berceau, le secteur
le terrain en silence, le porte-parole, l’annonciateur, le metteur en scène, le cinéaste … le réalisateur.
Des scénarios de la révolution, il fut le premier auteur
le soldat, le glaive perspicace, le héros de guerre
Les murs du silence sont aujourd’hui franchis
Les murs des frontières à leur tour abolis
les espaces de l’expression de l’échange se font variés unissant tant d’hommes nobles africains et bien d’autres ethnies
Pour la même cause, ils sont tous aujourd’hui réunis
Unis-réunis là où la fuite et la fête se sont conjuguées,
il est en effet question de répondre aux exigences de l’actualité, à ses urgences, ses impératifs, son futur toute sa temporalité; les murs sont aujourd’hui de nouveaux espaces de la liberté
Liberté ou audace et éthique se sont bien alliées
Pour écrire, transcrire, désirer, peindre l’événement
Pour vivre, vibrer au diapason, respirer la révolution,
sentir, toucher, entendre, savourer et voir l’ère des nouveautés
Le miracle est ici et là, bien loin en rupture avec le passé
Tel un accouchement laborieux, nous sommes fiers de notre nouveau-né
De notre Tunisie mère devenue aujourd’hui notre enfant chéri.


Mars 2011
(*) Psychiatre


L’homme et le mur : a love story
Par Dr Zohra Aissa (*)
L’un et l’autre seraient tous les deux issus de la terre
partageant ses matériaux, son eau … elle serait leur commune mère
Ayant ainsi la même origine … seraient-ils alors des frères?
Ou auraient-ils un lien filial … celui du fils et du père?
Creusons encore dans ce roman familial, retraçons leur histoire
L’un et l’autre ne sont-ils pas tous les deux des sculptures?
Ayant chacun sa charpente ses formes, ses fentes, ses fissures
Ayant chacun sa peau, ses cloisons, ses coins et ses doublures
Passionnés tous les deux par l’art, la science et la culture
Soumis équitablement à l’effet du temps: l’érosion et l’usure
L’un et l’autre ont des oreilles … et aussi d’autres ouvertures
ces portes, ces fenêtres, ces orifices, lieux de passage, lieux de plaisir
Qui laissent passer la vie, l’air, le son et la lumière
Que traversent l’encens, les parfums et toutes les senteurs
Faisant l’homme comme le mur communiquer avec tout l’univers
L’un et l’autre debout, aspirant chacun vers les hauteurs
Partageant, chacun à sa manière, orgueil, majesté et splendeur
Tendant chacun comme il peut vers la droiture, la pureté, la blancheur
Leur rencontre serait très lointaine dans l’histoire
Histoires chargées de reliefs et de couleurs, parfois même contradictoires
Alternant l’amour et la haine, la révolte et l’espoir
Dès le début l’homme fit du mur son abri, son refuge, son support
Cette forteresse qui le protège en temps de paix et de guerre
L’alcôve de ses intimités, le grenier de ses torts
Le mur fut, pour certains, un confident, lieu de lamentations, de pleurs
En continuité avec son corps, l’homme combla le mur d’ornements et de décors
Il l’habilla de fresques: peintures murales et de tableaux d’art
Par moment, le mur fut pour l’homme une prison, un lieu d’enfermement
Un cadre restreint et obscur qui aveuglait ses horizons
qui parvint à freiner ses éclaires et fut la geôle et des ses passions
A travers l’histoire, le mur fut même une barrière entre les nations
Une barrière que l’homme parvint un jour à franchir
A transgresser, déchirer ses câbles, les démolir
La même main, qui bâtit le mur, parvint à le détruire
N’est-ce pas à chaque cadre son tableau et sa peinture?
N’est-ce pas à chaque porte sa clef et sa serrure?
Ainsi l’Homme et le Mur ne partageraient pas que leur matière
L’un et l’autre auraient chacun une âme et un cœur
Ayant chacun son album de joies et de douleurs
Sous l’effet de la foudre, l’un comme l’autre s’écroulèrent
Comme le phénix, chacun parvint à renaître de ses cendres à se refaire
Ainsi, leur dialogue silencieux et éternel demeure toujours éphémère


Mars 2011




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com