Libye : Un raid aérien imminent ?





Alors que les forces de Kadhafi se disent prêtes à investir Benghazi, le Conseil de sécurité a annoncé la possibilité de lancer un raid aérien. Cela pourrait changer la donne sur le terrain.
Le Quotidien-Agences
Le nouveau projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU sur la Libye prévoit «toutes les mesures nécessaires» pour protéger les civils, sauf une force d’occupation du pays, a indiqué hier un diplomate.
Le projet de résolution, qui devrait être soumis au vote dans la journée, n’est cependant pas figé et peut évoluer au gré des négociations des ambassadeurs à l’ONU, a ajouté ce diplomate.
A Washington, William Burns, le directeur politique du département d’Etat, a évoqué au Sénat des initiatives excluant seulement «la présence physique sur le terrain».
«Nous sommes en quête, avec les Libanais, les Britanniques, les Français et d’autres partenaires au Conseil, de mesures comprenant une zone d’exclusion aérienne mais pourraient aller au-delà», a-t-il expliqué, soulignant que l’exclusion aérienne pourrait avoir «un effet important, positif et concret» mais devrait sans doute être complétée par d’autres mesures.
Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, s’est rendu à New York pour «obtenir le plus rapidement possible» le vote d’une résolution qui permettra de recourir à la force contre les troupes de Mouammar Kadhafi, a annoncé son ministère.
«Le projet que nous avons distribué aux autres membres du Conseil de sécurité exige un cessez-le-feu immédiat en Libye et autorise les Etats à prendre les mesures nécessaires pour protéger les populations civiles menacées, en particulier à Benghazi», a souligné le ministère.
«Ces dispositions répondent en particulier à une demande de la Ligue arabe de protéger les populations libyennes et excluent toute force d’occupation du pays. Ce texte prévoit aussi la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne et de nouvelles sanctions contre le régime de Kadhafi», a indiqué le ministère.
Soulignant l’urgence d’une intervention de la communauté internationale qui tergiverse, l’ambassadeur libyen adjoint à l’ONU Ibrahim Dabbachi, qui a fait défection, avait affirmé dans la nuit que son pays avait besoin d’une résolution «dans les 10 heures» sous peine de «voir un vrai génocide».
Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a appelé hier l’ONU à s’entendre pour empêcher Mouammar Kadhafi de gagner sa guerre contre les rebelles libyens, bien que l’Alliance atlantique elle-même soit divisée sur l’opportunité d’une intervention.
Trêve
Sur le terrain, l’armée libyenne a annoncé, hier, l’arrêt à partir de dimanche de ses opérations militaires contre l’insurrection, affirmant vouloir donner une «chance» aux rebelles pour qu’ils se rendent, à quelques heures d’un vote à l’ONU destiné à freiner la répression.
«Le comité général provisoire (ministère) pour la Défense a décidé d’arrêter les opérations militaires contre les bandes terroristes armées à partir de dimanche 00H00 (22H00 GMT) (...) pour donner une chance (aux insurgés) de remettre leurs armes et qu’ils profitent d’une décision d’amnistie générale», a rapporté l’agence officielle Jana.
L’annonce de suspension des opérations militaires intervient alors que les forces loyales à Mouammar Kadhafi continuent leur progression vers Benghazi, le bastion de l’opposition. Elles ont tenté, hier, de bombarder des positions de la rébellion dans cette ville située à un millier de km à l’Est de Tripoli, a indiqué la rébellion. Les insurgés affirment avoir abattu deux avions.
Il n’était pas possible dans l’immédiat de confirmer ces informations de source indépendante, alors que les forces fidèles au régime ont réussi à reprendre plusieurs villes ces derniers jours à coups de raids aériens et terrestres.
Les forces fidèles au colonel Kadhafi se trouvent à 160 km de Benghazi et continuent «d’avancer» grâce à leur supériorité militaire, a affirmé William Burns, le directeur politique du département d’Etat.
Des informations contradictoires ont été également annoncées au sujet de Misrata, à quelque 200 km à l’Est de Tripoli. Le régime affirme que ses forces armées s’en sont emparées, mais un porte-parole de l’opposition à Misrata a démenti.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com