Emilie Guérin (Artiste et responsable de «Tous à l’art») au «Quotidien» : «Les Tunisiens ont su bien se battre contre la dictature»





Pour sa 8e édition, la Foire internationale de Nice, spécialement le salon d’art, proposera cet après-midi, à partir de 14h00, une performance artistique en direct ayant pour thème la Révolution tunisienne. Le point avec la responsable du salon.
De notre envoyée à Nice Imen ABDERRAHMANI
- Emilie Guérin, vous êtes connue en tant qu’artiste mais également en tant qu’organisatrice de ce salon de renom. Depuis quand tenez-vous les rênes de ce rendez-vous?
l Le salon «Espace d’art» a été lancé en 2002, dans le cadre de la Foire internationale de Nice et c’est en 2007 que je dirige cet espace artistique, à la demande de «NICEXPO». Juste quelque temps après, en 2009, la manifestation «Tous à l’art» est née, pour devenir un rendez-vous incontournable pour l’art à Nice. Aujourd’hui, le salon est une plate-forme de rencontre entre public et artistes professionnels français et internationaux… C’est un espace où se rencontrent et se croisent tous les courants artistiques, sans exclusion.
- Comment parvenez-vous à gérer ce nombre important d’artistes exposants, répondre à leurs exigences, programmer des performances et mener tranquillement une carrière d’artiste?
* Depuis mon enfance, j’ai été une fille hyperactive. Je le suis encore. D’ailleurs, quand j’étais petite, chaque fois qu’il y avait un événement, une fête à organiser, je m’occupais de tout. Le bon sens de l’organisation est une vocation. Pour réussir ce genre de manifestation artistique, il faut absolument avoir le don de bien communiquer, savoir toujours enrichir sa base de données pour avoir une multitude de choix. Le réseau relationnel est très important, voire décisif. Personnellement, j’ai aujourd’hui une base de données comportant 15000 artistes, ce qui est important pour pouvoir présenter un programme différent à chaque édition, capable de surprendre les visiteurs. Je prépare tout avec mon équipe, et à l’avance, ce qui me permet de mener ma carrière d’artiste sans souci. Je suis une femme qui bouge trop, qui aime le business. Il faut tout simplement aimer et croire à ce qu’on fait pour pouvoir réussir.
- Un salon dans un salon, de l’art dans une foire commerciale, ne voyez-vous pas que c’est paradoxal?
* C’est un concept typiquement niçois. Point de paradoxe. Le salon vise toutes les couches de la population et les différentes catégories de visiteurs sans exception, même ceux qui ne fréquentent ni les galeries d’art ni les musées. Nous nous adressons à la fois à un public connaisseur mais aussi à un public non averti. Nous ne cherchons pas à faire un salon d’avant-garde mais nous voulons faire découvrir aux visiteurs de la foire une belle palette d’expressions artistiques: sculpture, peinture, installation, céramique… Cela n’empêche que nous accueillons chaque année des artistes chevronnés, au grand bonheur des visiteurs. En plus, pour préserver l’âme de ce salon et marquer cette vision artistique, le salon d’art est installé au 2e niveau du palais des expositions. Le public ne nous demande qu’à être surpris, bousculé par une œuvre d’art. D’ailleurs, ce que nous avons remarqué c’est que depuis ce remaniement structural, les visiteurs viennent d’abord faire le tour du salon «Tous à l’art», acheter ou contempler une œuvre, pour visiter ensuite la foire.
- A l’affiche de la 8e édition, une performance artistique axée sur la Révolution tunisienne, comment en avez-vous eu l’idée?
* Nous avons l’espace «Podium», permettant aux visiteurs de découvrir et de s’initier chaque jour à une performance d’art contemporain, réalisé en direct, sur le champ. C’est une carte blanche que nous donnons aux artistes afin d’entrer en communication avec le public. Cette année, nous invitons encore une fois l’artiste-peintre Tahar Aouida, un ami du salon depuis des années. C’est en discutant avec lui pour fignoler le programme qu’il m’a proposé cet hommage à la révolution du jasmin et j’ai jugé que c’est une bonne idée, surtout qu’il y a à Nice des ressortissants tunisiens.
m Cela veut dire que vous avez suivi ce qui s’est passé en Tunisie, depuis janvier
- La Tunisie est un pays qui nous est proche. J’ai trouvé ça génial. Je me suis dit que voilà, il y a des gens conscients qui savent bien revendiquer leurs droits et défendre leurs libertés. Les Tunisiens ont su bien se battre contre la dictature, l’hégémonie… Ils se sont révoltés pour la bonne cause, pour instaurer une vraie démocratie. Je suis artiste et ce que j’ai vu m’a beaucoup émerveillée. Le chemin ne fait que commencer, il y a certainement beaucoup à faire pour la bonne reconstruction de la Tunisie.
- Alors, êtes-vous prête à partir en Tunisie pour une exposition?
* Absolument. Si je reçois une invitation, je ne dirai pas non. D’ailleurs, j’ai discuté avec l’artiste Taher Aouida de l’idée de lancer une manifestation. Je n’ai jamais été en Tunisie et je pense que c’est le moment pour le faire.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com