La communauté internationale réagit au cessez-le-feu libyen : Kadhafi dégage !





Malgré le cessez-le feu annoncé par Tripoli, la communauté internationale a exigé une nouvelle fois du leader libyen d’abandonner le pouvoir.
Le Quotidien-Agences
Le commandant des rebelles libyens, Khalifa Heftir, a estimé qu’il s’agissait d’un coup de «bluff» du numéro un libyen Mouammar Kadhafi. «Le monde entier sait que Mouammar Kadhafi est un menteur. Lui, ses fils et sa famille, et tous ceux qui sont avec lui sont des menteurs», a-t-il insisté.
La Libye «a décidé d’observer immédiatement un cessez-le-feu et de mettre fin à toutes les opérations militaires», a déclaré le ministre libyen des Affaires étrangères, Moussa Koussa.
Koussa a expliqué que son pays, membre à part entière de l’ONU, était «contraint d’accepter la résolution du Conseil de sécurité», tout en regrettant «profondément» cette résolution qui, selon lui, «aggravera la souffrance du peuple libyen».
Circonspection
La communauté internationale a réagi avec circonspection à l’annonce de Koussa. Elle «ne va pas se laisser tromper» par le régime libyen «et va vérifier par tous les moyens le degré de respect» de la résolution de l’ONU, a affirmé le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero.
L’Union européenne est en train «d’examiner» les détails de l’annonce du régime libyen, a déclaré la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, en soulignant qu’il fallait s’interroger sur sa «signification».
«Du point de vue militaire, la question décisive sera pour les planificateurs militaires de décider ce qui devrait être fait, l’enjeu étant bien sûr quelle est la signification de la déclaration sur le cessez-le-feu et la façon dont elle s’imbrique» dans la situation générale, a estimé Ashton.
L’opinion générale reste que le numéro un libyen Mouammar «Kadhafi doit partir et (que) son régime doit prendre fin».
Les Etats-Unis veulent des actes en Libye, pas seulement des mots, a déclaré, hier, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton.
«Nous sommes au courant par la presse de l’annonce d’un cessez-le-feu par le gouvernement libyen», a déclaré Clinton devant des journalistes. «La situation évolue rapidement. Nous n’allons pas nous laisser impressionner par des mots. Il nous faut voir des actes sur le terrain», a déclaré la ministre en recevant son homologue irlandais Eamon Gilmore.
Clinton a ajouté que Washington continuerait à travailler avec ses partenaires «pour convaincre Kadhafi de quitter le pouvoir et soutenir les aspirations légitimes des Libyens».
Pour sa part, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, lors d’une conférence de presse à Madrid a déclaré que les auteurs de crimes contre des civils en Libye seront «traduits en justice».
Menace
Le colonel Kadhafi avait auparavant menacé de «transformer en enfer la vie» de ceux qui attaqueraient la Libye, dans une interview à la télévision publique portugaise RTP réalisée quelques heures avant le vote de l’ONU.
«La mer Méditerranée sera ravagée. Aucun trafic aérien ou maritime ne sera sécurisé», avait-il averti.
Avant l’annonce du cessez-le-feu, le porte-parole du gouvernement français avait annoncé que les frappes militaires n’étaient plus qu’une question d’heures.
L’agence européenne de contrôle aérien (Eurocontrol) a interdit les vols civils vers la Libye.
Résolution
Avant-hier soir, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté en faveur d’un recours à la force contre les troupes pro-Kadhafi, ouvrant la voie à des frappes aériennes après plus d’un mois d’une insurrection réprimée dans le sang.
La résolution autorise «toutes les mesures nécessaires» pour protéger les civils et imposer un cessez-le-feu à l’armée libyenne. Elle permet aussi une zone d’exclusion aérienne mais précise qu’il n’est pas question d’ occupation militaire.
De nombreux pays, dont la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Qatar, le Norvège, la Belgique ou le Canada se préparaient à participer à l’opération ou à la soutenir.
La Chine, qui comme la Russie, l’Allemagne, le Brésil et l’Inde s’est abstenue lors du vote jeudi, s’est dite «opposée à l’usage de la force militaire dans les relations internationales».
Berlin a mis en garde contre des «risques et des dangers considérables» en cas d’intervention et Moscou a exclu toute participation.
La Ligue arabe a réitéré hier son soutien à une zone d’exclusion aérienne en Libye. L’UE s’est dite prête à «mettre en œuvre» la décision de l’ONU, dans la limite de ses compétences, et l’Otan va débattre de son rôle.
Un sommet Union Européenne-Union Africaine-Ligue arabe sur la Libye est prévu, aujourd’hui, à Paris, en présence du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, selon l’organisation panarabe.
Sur le terrain, où les forces loyales au colonel Kadhafi ont reconquis ces derniers jours de larges pans de territoire à coups de bombardements aériens et terrestres, les combats se sont poursuivis au moins hier matin, dans l’Est comme dans l’Ouest.
Dans l’Ouest, les forces loyalistes ont pilonné Misrata (200 km à l’Est de Tripoli), selon un porte-parole des insurgés. Dans l’Est, des combats ont eu lieu aux alentours d’Ajdabiya. Un journaliste de l’AFP a entendu de nombreuses explosions en provenance de Zuwaytinah, un petit port pétrolier situé à 30 km au Nord-Ouest d’Ajdabiya.
A Benghazi, la «capitale» de l’opposition, la résolution de l’ONU a été célébrée toute la nuit, mais la ville est restée calme hier en dépit des menaces du colonel Kadhafi, selon des journalistes de l’AFP.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com