Aïda Saïdane Fantar : L’autre victime du monde du sport pourri





Lorsqu’en 2001, Aïda Saïdane Fantar a fait son entrée dans le monde du cyclisme, personne n’avait encore vu une femme en Tunisie  courir à vélo dans une compétition officielle.
A l’époque, on parlait d’un nouveau défi à relever par la femme tunisienne dans une discipline sportive exclusivement masculine.
Alors, les bonnes nouvelles n’ont pas tardé à tomber. L’entraîneur national, Aïda Fantar, a réussi en un laps de temps très court à mettre sur pied une équipe nationale constituée de jeunes cyclistes dont les performances ont été plus que surprenantes. Bizarrement, en remportant la coupe de l’Union arabe du cyclisme, qui est une consécration en soi, Mme Fantar a été limogée par les instances  fédérales du cyclisme en Tunisie. Pourquoi? Telle est la question qui reste par ailleurs sans réponse depuis 2008.
Il faut dire que le contexte politique à cette époque ne permettait guère aux sportifs lésés de s’exprimer. Il se trouve que toutes les fédérations sportives étaient noyautées. Les hauts responsables sont nommés directement par les ministres de Ben Ali. Du coup, des alliances plus que douteuses s’étaient formées entre le monde du sport et celui de la politique. En d’autres termes, et comme le dit l’adage: «Oh David, à qui tu récites  tes psaumes», tellement les plaintes de nos entraîneurs et autres sportifs frappés par des décisions injustes n’ont jamais eu de suite.
C’est le cas pratiquement de tous ceux qui ont servi le pays pour se trouver injustement sur les bancs des accusés. C’est de l’ingratitude caractérisée. Toujours est-il que Mme Fantar n’est pas la seule dans ce cas d’école en matière d’humiliation et de répression. On se rappelle le sort réservé à Tarak Dhiab, à Dhouib ou encore à Myriam Mizouni. Des sportifs qui ont honoré le pays pour se trouver pour des raisons méconnues dans le collimateur qui de Slim Chiboub qui de Abdallah Kaâbi et la liste des complices est longue.
Ceci étant et par ces temps de  révolution et de liberté, il est impératif d’ouvrir le dossier de ces dépassements et de ces abus commis sous l’ancien régime contre des sportifs et des sportives ayant défendu corps et âme les couleurs de la nation. Et Mme Aïda Fantar en est un exemple.


Myriam BEN SALEM




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com