La famille Abdelwaheb Abdallah nous écrit : Lettre ouverte à M. le Premier ministre





C’est la famille d’un homme bafoué dans ses droits et sa dignité qui vous lance, aujourd’hui, ce cri du cœur et de la raison.
Quand nous avons vu notre père malmené, traîné comme un vulgaire criminel, devant les caméras de télévision... notre stupeur, notre indignation et notre détresse étaient terrassantes!
Nous nous adressons aujourd’hui à votre sagesse, à votre expérience et à votre connaissance du droit et des vicissitudes de l’histoire, pour attirer votre attention sur les atteintes graves commises à l’encontre d’un citoyen, qui croyait avoir servi son pays et qui se trouve aujourd’hui jeté en pâture à la vengeance cruelle et aveugle.
Trois arguments de poids expliquent notre cri d’indignation.
D’abord, la présomption d’innocence, celle qui interdit — par la loi — que l’on expose tout accusé, de n’importe qu’elle forfaiture, devant l’opinion publique et que l’on cite même son nom.
C’est une règle de droit irréfragable... Elle a été ce jour-là gravement transgressée. Qui plus est, sur notre chaîne TV de service public!
Ensuite, le droit à la dignité humaine, on ne livre pas au lynchage des hommes qui ont servi l’Etat pendant de longues années — quelles que soient leurs errances — à la vindicte publique d’une corporation ou d’un groupe d’hommes et de femmes surexcités, les insultant, les agressant... et ce, devant les caméras de télévision!
Enfin, la sérénité de la justice, qui doit être garantie pour que le droit soit rendu et que chaque personne coupable soit jugée dans les règles strictes de l’application d’une justice souveraine. Or, cette sérénité est aujourd’hui absente, et la justice expéditive et politisée menace l’Etat de droit et le respect des droits de l’homme... pourtant fondement même de cette grande révolution du peuple tunisien!
Au nom des droits de l’homme, de l’esprit de nos lois, du respect de la dignité humaine... nous en appelons à votre intégrité morale et à votre humanisme pour arrêter cette dérive et sauver ce qui reste de la dignité d’un homme, abandonné aujourd’hui à son sort cruel.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com