«Le Quotidien» à Nice : «Tous à l’art» : Sous le charme de la Révolution tunisienne…





« Je viens d’arriver de Tunis », une simple phrase qui semble avoir un effet magique sur la communauté des artistes. Dès que vous l’annoncez, vous êtes le bienvenu, sauf qu’il faut se préparer à une pluie de questions sur la Révolution et les perspectives d’avenir.
De notre envoyée Imen ABDERRAHMANI
La Tunisie continue à être au cœur de l’actualité internationale. A Nice, les histoires sont bien différentes. Car au-delà des mutations socio-politiques que connaît la Tunisie d’aujourd’hui, et qui constituent de nouvelles donnes dans les relations tuniso-françaises, un autre grand dossier vient de s’ouvrir en marge de la Révolution tunisienne: l’immigration clandestine. Un dossier qui agace les autorités françaises, soucieuses de voir une nouvelle vague d’immigrants clandestins déferlant sur Nice et les villes avoisinantes, après l’Italie.
Au salon d’art, rien ne peut gâcher le bonheur des artistes exposants; artistes d’horizons différents, de nationalités différentes qui se sont rencontrés sous un beau ciel niçois pour annoncer le printemps des arts.
Des interrogations et des souhaits
«Vous travaillez ici en France ?», une question que répètent les artistes exposants chaque fois que je m’arrête devant une œuvre d’art et la discussion s’ouvre sur la Tunisie. Et c’est toujours la même réponse: «Je viens d’arriver de Tunis». Et c’est le début de toute une conversation sur la Tunisie d’hier et d’aujourd’hui… Qui a dit alors que les artistes vivent sur une autre planète qui n’est pas la nôtre?
Quelle sera la prochaine étape pour la reconstruction de la Tunisie? Quels sont les traits saillants de la nouvelle politique tunisienne? Est-ce vrai qu’aujourd’hui, en Tunisie, tous les prisonniers politiques sont libres? Vous ne craignez pas la montée des islamistes? Est-ce que tout est actuellement dans l’ordre? Suivant de près l’actualité de la Tunisie, cette terre qui a ébloui les artistes et a constitué leur muse, les artistes-exposants au salon ne cachent pas leur admiration pour cette nouvelle Tunisie.
«Que la parole se libère et le rêve s’amplifie, que vibre le bonheur de vivre les uns avec les autres et s’estompe la peur qui anéantit le désir et assombrit l’esprit. La libération, le rêve… Quelles belles expressions et sensations. En Tunisie, c’est «Le chemin». Il est encore long, mais c’est la voie par laquelle s’expriment l’irrépressible joie de la vie, l’harmonie du monde, l’émerveillement ! Et bravo aux Tunisiens et Tunisiennes qui ont pu tout surmonter, en quête d’un avenir meilleur. Une pensée également pour Mohamed Bouazizi, devenu symbole de la révolte contre l’injustice», nous a déclaré l’artiste Stéphane Dubois, souhaitant avoir le temps et l’occasion de redécouvrir la Tunisie.
Alejandro Rodriguez, jeune peintre cubain, dont le stand demeure incontournable pour tout visiteur du salon. Croisé devant le stand n°27, discutant avec quelques passionnés de l’art de ses œuvres, l’enfant de la Havane n’a pas pu cacher son émerveillement pour la Révolution tunisienne et par ce peuple qui a su dire «Non» à toute forme d’oppression et de dictature. «Vous avez de la chance, vous avez fait votre Révolution que tout le monde a vue en direct, sur les écrans de la télé. Chez nous à Cuba, personne ne voit ce qui se passe. Nous sommes vraiment coupés du monde», a-t-il souligné sur un ton amer, souhaitant que la Révolution apporte ses fruits et que les Tunisiens parviennent à continuer bel et bien leur chemin vers la liberté et la démocratie.
Que de souvenirs…
«Je garde de beaux souvenirs des années passées au Sers, pas loin du Kef. C’est une ville qui m’a beaucoup marqué, durant mon enfance. Je souhaite revenir en Tunisie soit pour participer à une exposition soit pour une visite», nous a confié l’artiste José Curti dont l’atelier est situé au Vieux Nice et qui expose à «Tous à l’art».
Enthousiasmés par ce vent de liberté qui a soufflé sur le pays, les artistes qui connaissent déjà la beauté de ses paysages et surtout l’éblouissante lumière de la Tunisie qui a ensorcelé Paul Klee et d’autres artistes et écrivains souhaitent y revenir.
Douz, Kairouan, Zarzis, Sidi Bou Saïd, Sousse, Tozeur… des destinations qui charment encore ces passionnés de couleurs. Sauf qu’aujourd’hui, de nouvelles destinations semblent aiguiser la curiosité de ces artistes: Sidi Bouzid, la terre qui a vu le déclenchement de la Révolution, Le Kef, avec sa longue et belle histoire…
Ils sont prêts à partir pour participer à des expositions, à des évènements culturels et sociaux…Aujourd’hui, c’est au ministère de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine avec le soutien du ministère du Tourisme de passer à l’acte, de tracer des programmes en commun permettant de promouvoir cette nouvelle destination : la Tunisie de la liberté et de la dignité.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com