Côte d’Ivoire : Une guerre civile sans nom





La Côte d’Ivoire semble plonger dans une guerre civile qui ne dit pas son nom après les massacres qualifiés par l’Onu de crimes contre l’humanité.
Le Quotidien- Agences
Entre 25 et 30 civils ont encore été tués avant-hier, selon l’ONU, au cours d’une attaque à l’arme lourde perpétrée dans un quartier d’Abidjan par les forces armées du camp du président sortant Laurent Gbagbo. Celui-ci dément toute implication.
Ce massacre constitue l’un des drames les plus sanglants depuis le début de la crise post-électorale, mi-décembre. Dans le quartier populaire d’Abobo, au Nord de la capitale économique, une équipe de la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci) «a pu observer que les forces armées du camp de Laurent Gbagbo ont tiré au moins six projectiles sur le marché et ses environs», a déclaré le porte-parole de l’Onuci. Cette attaque à l’arme lourde a causé «la mort de 25 à 30 personnes» et a fait «entre 40 et 60 blessés», a indiqué Hamadoun Touré.
«L’Onuci exprime son indignation devant de telles atrocités contre des civils innocents. Les auteurs de ces exactions(...) ne sauraient rester impunis», a ajouté Hamadoun Touré. La mission onusienne, forte de 10.000 hommes, «se réserve le droit de prendre des mesures appropriées pour prévenir, à l’avenir, de tels actes inacceptables, conformément à son mandat de protection des populations civiles», a prévenu le porte-parole, avec une fermeté inhabituelle mais sans plus de précision.
Cette attaque pourrait constituer un «crime contre l’humanité», a renchéri hier Rupert Colville, porte-parole du Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’homme. «Nous condamnons les attaques avec des obus sur des zones avec des civils», a-t-il déclaré. Dans un mémorandum adressé à la Cour pénale internationale (CPI), les avocats d’Alassane Ouattara — le président élu en novembre et reconnu par la communauté internationale — accusent également Laurent Gbagbo et ses services de sécurité de «crimes contre l’humanité».
La France condamne quant à elle le «massacre délibéré de civils» et réclame à l’Onu un nouveau train de sanctions contre le camp Gbagbo. De son côté, celui-ci crie au «complot». «L’Onuci cherche désespérement des prétextes pour arracher un mandat à l’ONU, comme ils l’ont fait pour la Libye, pour avoir les moyens pour intervenir en Côte d’Ivoire», a accusé le porte-parole du gouvernement Gbagbo, Ahoua Don Mello. Dans un communiqué officiel, Laurent Gbagbo a appelé hier «les rebelles à déposer les armes, à cesser les violences», évoquant un «schéma de dialogue interivoirien», selon lui «seul gage de sortie pacifique de la crise».
Le camp du président sortant a pourtant engagé le week-end dernier une importante offensive à Abidjan contre les pro-Ouattara. Abobo, quartier le plus peuplé de la ville et contrôlé en large partie par les insurgés, est particulièrement ciblé. Plus de 200.000 personnes, sur une population estimée à 1,5 million, ont déjà fui les violences dans le quartier, selon l’ONU. Depuis le début de la semaine, des affrontements ont aussi éclaté dans d’autres parties de la ville, notamment dans un secteur pro-Ouattara du quartier de Yopougon (Ouest), considéré comme un bastion de Laurent Gbagbo. Jeudi, des tirs, notamment à l’arme lourde, ont par ailleurs été entendus dans le quartier d’Adjamé, qui abrite deux importants camps militaires, ainsi que dans le quartier résidentiel de Cocody.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com