La communauté internationale passe à l’acte : Début des opérations militaires contre Kadhafi





Le président français, Nicolas Sarkozy, a annoncé, hier, le début d’une action militaire
alors que la bataille faisait rage dans le bastion anti-Kadhafi de Benghazi.
Le Quotidien-Agences
Des avions français ont ouvert le feu sur un véhicule libyen, a annoncé hier le ministère français de la Défense. La cible a été détruite.
Une première frappe aérienne française en Libye, dans le cadre de la résolution 1973 de l’ONU autorisant le recours à la force pour protéger la population libyenne, a eu lieu hier à 17h45.
«Une première cible a été engagée et détruite», a d’abord déclaré Laurent Teisseire, porte-parole du ministère de la Défense, lors d’un point de presse après l’annonce de tirs d’avions français.
Le tir a visé un véhicule «clairement identifié comme appartenant aux forces pro-Kadhafi», a ensuite précisé le colonel Thierry Burckhard, porte-parole de l’état-major des armées, sur la chaîne BFMTV.
Il s’agit du premier tir après le feu vert jeudi de l’ONU au recours à la force pour protéger la population civile contre les attaques du régime du colonel Mouammar Kadhafi.
Le président français, Nicolas Sarkozy, avait annoncé moins de deux heures auparavant le début d’une opération militaire visant à faire respecter la résolution 1973 adoptée jeudi soir par le Conseil de sécurité des Nations unies. Une vingtaine d’avions français ont participé à l’opération sur une zone de 150 kilomètres sur 100 autour de la ville de Benghazi, bastion des rebelles libyens, a expliqué le ministère. Le porte-avions Charles-de-Gaulle devrait appareiller aujourd’hui pour participer aux opérations, a-t-il ajouté.
«En accord avec nos partenaires, nos forces aériennes s’opposeront à toute agression des avions du colonel Kadhafi contre la population de Benghazi. D’ores et déjà nos avions ont empêché les attaques aériennes sur la ville», a déclaré Nicolas Sarkozy, à l’issue d’un sommet extraordinaire d’environ deux heures avec une vingtaine de dirigeants internationaux.
«D’ores et déjà, d’autres avions, français, sont prêts à intervenir contre des blindés qui menaceraient des civils désarmés», a-t-il ajouté. Selon des sources militaires, ce sont des avions de chasse Rafale qui survolaient la Libye.
Dans un nouvel appel au colonel Mouammar Kadhafi, le président français a dit qu’il était «encore temps» pour lui d’«éviter le pire», à condition de respecter «sans délai et sans réserve» toutes les exigences de la communauté internationale. Ce sommet intervenait 48 heures après le vote d’une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu autorisant le recours à la force pour protéger les civils de l’offensive du régime contre les rebelles.
Kadhafi «a menti à la communauté internationale, il a promis un cessez-le-feu, il a rompu le cessez-le-feu. Il continue de brutaliser son propre peuple. Il est donc temps de passer à l’action. C’est urgent», a déclaré le Premier ministre britannique David Cameron à l’issue du sommet parisien auquel participaient aussi la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton et le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-Moon
Le Qatar et plusieurs pays européens, dont la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège, ont confirmé lors du sommet leur volonté de participer aux opérations militaires, en fournissant des avions, ignorant les mises en garde du régime de Kadhafi.
«Si vous intervenez dans notre pays, vous le regretterez», a dit un porte-parole libyen, citant Mouammar Kadhafi.
«Notre coalition est prête à agir» en Libye, a affirmé, pour sa part, le président des Etats-Unis Barack Obama, ajoutant que «le peuple libyen doit être protégé», lors de déclarations à la presse après une rencontre avec son homologue brésilienne Dilma Rousseff à Brasilia.
«Le peuple libyen doit être protégé, et en l’absence d’une fin immédiate à la violence contre les civils, notre coalition est prête à agir, et à agir urgemment», a dit Obama.
Le président américain a averti solennellement, avant-hier soir, Kadhafi de représailles militaires si la violence ne cessait pas immédiatement et si ses troupes ne se retiraient pas de plusieurs villes.
Plusieurs questions restaient floues à l’issue du sommet, notamment celle du rôle de l’OTAN et du degré de participation effective des Etats-Unis.
La France refuse catégoriquement que l’Alliance atlantique intervienne dans les raids immédiats et urgents qui suivraient la tenue du sommet.
Il est possible que l’organisation soit sollicitée pour des opérations prévues par la résolution de l’ONU mais qui nécessitent du temps et de gros moyens pour être mises en œuvre. Il s’agit notamment d’une zone d’exclusion aérienne et du contrôle de l’embargo sur les armes.
«Il est clair que la France assure le leadership de l’action militaire dans l’espace aérien libyen», a déclaré le Premier ministre belge Yves Leterme.
Le sommet réunissait aussi les ministres des Affaires étrangères du Qatar, des Emirats arabes unis, du Maroc et de la Jordanie, selon la liste des participants.
Le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari était également présent, en sa qualité de président en exercice de la Ligue arabe, ainsi que le secrétaire général de la Ligue Amr Moussa.
Côté européen, outre la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, les chefs de gouvernement de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal, de Pologne, du Danemark, des Pays-Bas, de Belgique, de Grèce et de Norvège figuraient parmi les participants.
L’Union européenne était représentée par la chef de la diplomatie Catherine Ashton et le président du Conseil européen Herman Van Rompuy. Le secrétaire général de l’OTAN, le Danois Anders Fogh Rasmussen, ne figurait pas sur la liste des invités.
Un blocus naval de la Libye est actuellement en place et des opérations navales sont en cours, a indiqué le premier ministre Canadien, Stephen Harper.
Bombardements
intensifs
Sur le terrain, l’hôpital Jala de Benghazi a fait état de 26 morts et de plus de 40 blessés à la suite du bombardement de cette ville de l’est de la Libye, bastion des insurgés, a rapporté sans autre précision la chaîne de télévision Al Djazira.
Les insurgés ont accusé les forces fidèles au colonel Mouammar Kadhafi d’avoir bombardé la ville hier.
Des centaines de personnes fuyaient, hier, par le nord-est la ville de Benghazi, bastion des rebelles libyens où des bombardements intensifs ont eu lieu dans la matinée. Un avion de combat appartenant aux insurgés a été abattu.
Les personnes quittant la ville formaient des files d’attente devant les stations-service et les boulangeries pour s’approvisionner avant de prendre la route menant vers Tobrouk, ville distante de 350 km vers l’est et l’Egypte. D’autres habitants, restant dans la ville, faisaient le V de la victoire.
Forces de Kadhafi dans Benghazi
Les forces de Mouammar Kadhafi sont entrées, hier, dans Benghazi, le bastion des insurgés dans l’est de la Libye, a déclaré un porte-parole militaire des rebelles. Un journaliste de Reuters sur place a vu une explosion près du siège des rebelles dans cette ville.
Des insurgés dressaient des barricades en béton dans les rues menant au tribunal abritant le siège du Conseil national libyen, formé par la rébellion.
De son côté, Moustafa Abdeldjeïl, le chef du Conseil national libyen formé par les insurgés, a réclamé une intervention rapide de la communauté internationale contre les forces de Kadhafi qui bombardent Benghazi.
«Il y a actuellement un bombardement à l’artillerie et à la roquette sur tous les quartiers de Benghazi», a-t-il dit à Al Djazira. «La communauté internationale tarde à intervenir pour protéger les civils face aux forces de Kadhafi.»
Dans l’ouest du pays, les loyalistes avançaient avec des chars vers Zenten, à 145 km au sud-ouest de Tripoli, pilonnant les abords de cette ville rebelle et poussant ses habitants à la fuite, selon un témoin.
Les rebelles ont aussi annoncé avoir repoussé, au prix de 27 morts dans leurs rangs, une offensive des forces gouvernementales vendredi à Misrata, à 200 km à l’Est de Tripoli. hier, la ville était calme.


Kadhafi met en garde

Le colonel Kadhafi a prévenu les dirigeants internationaux qu’ils «regretteraient» toute ingérence, alors qu’un sommet est convoqué à Paris dans la journée pour évoquer le sort de la Libye et discuter d’une possible intervention militaire.
Selon un porte-parole du gouvernement libyen, le maître de Tripoli a dénoncé la résolution 1973 votée jeudi soir au Conseil de sécurité de l’ONU, contestant sa validité et estimant qu’elle violait la charte des Nations Unies.
Messages envoyés
Kadhafi a annoncé qu’il avait envoyé un message au président américain Barack Obama, défendant sa décision d’attaquer les villes aux mains de l’opposition. Il a également adressé une lettre aux dirigeants français et britannique, ainsi qu’au secrétaire général de l’ONU, affirmant qu’ils «regretteraient» toute intervention. «La Libye n’est pas pour vous, la Libye est pour les Libyens», a-t-il dit.
Ses propos ont été rapportés lors d’une conférence de presse d’un représentant du gouvernement à Tripoli.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com