Après la répression sanglante : Les Yéménites maintiennent la pression





Après une journée sanglante, les Yéménites retiennent leur souffle poursuivant
leur sit-in qu'ils comptent tenir jusqu’à la chute du régime de Saleh.
Le Quotidien – Agences
Les manifestants de l’Université à Sanaa se disaient hier plus que jamais déterminés à maintenir leur sit-in en dépit de la répression sanglante de leur mouvement qui a fait 52 morts avant-hier.
«Nous ne lâcherons pas jusqu’à la chute du boucher», le président Ali Abdallah Saleh, ont scandé les manifestants qui ont reçu le renfort de milliers d’enseignants et d’enseignantes de la capitale, venus les rejoindre.
«Nous ne quitterons la place qu’après le départ de Saleh et de ses fils», qui tiennent et dirigeant l’essentiel de l’appareil de sécurité du régime, ont aussi crié les manifestants.
Les tirs attribués par les manifestants aux partisans du régime ont fait 52 morts ce qui fait de la journée d’avant-hier la plus sanglante depuis le début de la contestation du président Saleh, fin janvier.
«Le bilan s’élève maintenant à 52 morts et 126 blessés, après le décès de plusieurs personnes atteintes par balles», a indiqué un des médecins de l’hôpital de fortune installé près du lieu du sit-in.
Le dernier bilan de ces tirs, les plus meurtriers depuis le début de la contestation du régime fin janvier, communiqué vendredi soir de sources médicales, faisait état de 46 tués et de dizaines de blessés. Des renforts de police ont été déployés sur place hier.
Le président Saleh a regretté avant-hier ces morts mais annoncé l’instauration de l’état d’urgence dans le pays et demandé que les manifestants évacuent la place de l’Université, au centre de Sanaa, symbole de leur mobilisation.
Peu après, le président américain Barack Obama l’a exhorté à autoriser le déroulement des manifestations. «Je condamne fermement les violences qui se sont produites au Yémen», a déclaré Obama dans un communiqué, et il a appelé «le président Saleh à tenir sa promesse d’autoriser les manifestations à se dérouler pacifiquement».
Les Etats-Unis considèrent Saleh comme un allié dans la guerre contre Al-Qaïda qui est largement implantée dans le sud-ouest de ce pays pauvre où l’Etat contrôle mal les zones tribales.
L’opposition qui exige le départ de Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a qualifié les incidents de «massacre», un thème qui a été largement repris hier par les orateurs qui s’adressaient d’une tribune aux manifestants.
«De quel droit le boucher et terroriste Ali Abdallah Saleh se permet-il d’instaurer l’état d’urgence alors qu’il est devenu une personne recherchée pour avoir commis un massacre contre le peuple», a clamé l’un des orateurs.
L’état d’urgence donne en théorie aux forces de l’ordre la latitude de réprimer les manifestations et aux autorités le pouvoir de restreindre les libertés publiques pour imposer l’ordre.
Les manifestants ont indiqué avoir pris la décision de «ne pas enterrer les martyrs d’avant-hier jusqu’à la chute du régime».
A Aden, ville du Sud à la pointe de la contestation du régime, quatre personnes ont été blessées, dont l’une par balle, lorsque des policiers et des soldats ont tiré hier sur des manifestants tenant une barricade dans le quartier de Moalla à Aden, ont rapporté des témoins.
Les forces de l’ordre cherchaient apparemment à démanteler la barricade en place depuis deux semaines, mais n’ont pas réussi à le faire, selon ces témoins.
L’un des manifestants a été touché par balle et les trois autres par des tirs de grenades lacrymogènes, selon ces mêmes témoins qui indiquent que des manifestants se sont ensuite dirigés vers un poste de police avec l’intention de le brûler.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com