Devant l’intensité des frappes de la coalition : Les forces libyennes battent en retraite





Les forces gouvernementales libyennes, qui avaient attaqué Benghazi samedi dernier, ont reculé hier jusqu’à Ajdabiya.
Le Quotidien-Agences
Des dizaines de chars détruits par des frappes aériennes gisaient le long de la route entre les deux villes, et des centaines de rebelles se sont rassemblés dans la matinée à quelques kilomètres d’Ajdabiya, dans l’objectif de reprendre la ville.
Armés de roquettes Katioucha et de batteries antiaériennes montées sur des camions, les rebelles s’étaient avancés jusqu’à 5-10 km d’Ajdabiya, probablement encouragés par le son des avions de chasse invisibles au-dessus de leurs têtes.
Mais ces combattants, pour la plupart volontaires et sans expérience, se sont tous enfuis en grand désordre quand les forces gouvernementales, retranchées dans la ville, ont commencé à tirer à l’artillerie lourde.
Des obus sont tombés dans le désert le long de la route, et un photographe de l’AFP a vu trois victimes, mortes ou très grièvement blessées, quand des véhicules, parmi lesquels des ambulances, ont été touchés par des éclats d’obus et les effets du souffle de l’explosion.
Des colonnes de fumée s’élevaient dans les environs, dont une qui semblait venir de l’intérieur d’Ajdabiya, où toutes les communications ainsi que l’alimentation en eau étaient coupées.
«Même si nous devons mourir, nous allons entrer à Ajdabiya aujourd’hui, si Dieu le veut», avait déclaré Salman Maghrabi, un combattant rebelle, avant le début du pilonnage.
Mais les rebelles étaient handicapés par la légèreté de leur armement, tandis que les forces gouvernementales, retranchées dans la ville, étaient relativement à l’abri de frappes internationales susceptibles de toucher de nombreux civils.
A Misrata, au moins 40 personnes ont été tuées hier et des dizaines d’autres blessées par des tirs des forces fidèles au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a affirmé un porte-parole des rebelles dans la ville.
D'autre part, un haut responsable du Conseil national libyen (CNL, insurgés) a exclu, hier, toute négociation avec Mouammar Kadhafi pour en finir avec le conflit libyen. «Nous sommes engagés dans une guerre d’usure à laquelle nous a contraint le dictateur», a déclaré Abed Al Hafiz Ghoga lors d’une conférence de presse à Benghazi, le fief de l’insurrection, dans l’est du pays.
«Pour cette raison, nous refusons de négocier avec lui. Nous préférons assister à sa fin plutôt que de négocier. Il est recherché comme criminel de guerre par la communauté internationale. Il sera jugé pour ses actes de génocide contre son propre peuple», a-t-il ajouté.
Aide humanitaire
Par ailleurs, l’Union européenne s’est dit prête à sécuriser une opération humanitaire en Libye avec des moyens militaires si l’ONU le demande, selon un communiqué publié à l’occasion d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères.
«L’UE est prête à fournir un soutien sous forme d’une mission de politique commune de sécurité et de défense, afin de soutenir l’aide humanitaire en réponse à une demande» de l’ONU et dans le cadre d’une opération coordonnée par les Nations Unies, souligne ce texte adopté par les ministres. «De telles actions respecteront pleinement les consignes de l’ONU sur l’utilisation des moyens militaires», ajoute-t-il.
Succès
Pour sa part, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a qualifié l’intervention de «succès» car elle a évité un «bain de sang», ajoutant que l’Otan était prête à soutenir l’intervention «dans quelques jours».
«Nous avons sauvé les civils de Benghazi», a assuré M. Juppé.
Le Pentagone a affirmé, avant-hier soir, qu’il n’y avait «pas d’indication» de victimes civiles dans les zones touchées par la coalition. Le régime libyen a annoncé que 48 personnes avaient péri samedi soir, même si des journalistes invités dimanche à assister à des funérailles n’ont vu aucun corps.
Le Royaume-Uni a assuré avoir renoncé dans la nuit à une opération, ses avions ayant repéré des civils dans le périmètre visé.
Mais quelques signes de craquements sont apparus hier au sein de la coalition menée par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, des pays européens émettant des doutes sur la conformité des bombardements avec la résolution de l’ONU.
Le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui avait soutenu l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne, a estimé que les bombardements s’écartaient de leur but, avant de changer de ton hier et d’affirmer que ses propos de la veille avaient été «mal interprétés».
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a répondu que la communauté internationale devait parler d’une seule voix sur la Libye.
Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra probablement une réunion à huis clos sur la Libye hier, selon un diplomate, alors que l’Inde a demandé la fin des raids aériens, l’Allemagne a refusé de participer aux opérations militaires, et l’Italie réclamé des assurances sur la conformité des premières frappes avec la résolution de l’ONU.
Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a déclaré que la résolution 1973 de l’ONU lui faisait penser «à l’appel aux croisades à l’époque du Moyen-Age».
L’Iran, de son côté, «condamne l’intervention» des Occidentaux qui cherchent «à mettre la main sur le pétrole», a déclaré lundi le guide suprême iranien l’ayatollah Ali Khamenei, affirmant que Téhéran «soutenait» la révolte en Libye.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com