Débat : Régime présidentiel ou régime parlementaire ?





C’est sous le slogan «Sans parti pour une patrie» qu’une rencontre-débat a eu lieu à l’espace El Hamra au cours de laquelle les participants ont affiché leur ambition, pour la réalisation des objectifs de la révolution afin qu’une réelle démocratie ait toutes les chances d’être instaurée en Tunisie. Un grand nombre de citoyens de diverses catégories sociales ont assisté à ce débat politico-juridique ayant pour thème «Le régime politique qui convient le mieux pour la Tunisie de demain». Mme Noura Borsali, fervente initiatrice des débats de sensibilisation sur le devenir de la Tunisie, a invité pour animer cette rencontre MM. Fraj Mansour et Hatem Mrad, respectivement avocat et professeur de sciences politiques, qui ont exposé les aspects politico-juridiques des régimes politiques existants dans le monde.
Les deux  orateurs, après avoir classé les régimes politiques en deux principales catégories, à savoir celle où le pouvoir est monopolisé par l’Exécutif présidentialiste dictatorial et celle du législatif détenue par l’assemblée nationale, ont fini par répartir les régimes politiques les plus adoptés dans le monde en deux grands axes (Voir encadrés ci-dessous). 
Plusieurs intervenants ont ensuite exprimé le souhait que les instances chargées d’élaborer la prochaine constitution puissent être en mesure d’opter pour le choix du régime qui convient le mieux à nos spécificités. Cependant,  la plupart d’entre eux ont marqué leur préférence pour un régime parlementaire, à cause, bien évidemment, des excès qu’a vécus notre pays sous le régime présidentiel durant plus de 50 ans. Ils ont en outre axé leurs interventions sur l’impérative nécessité de vulgariser la terminologie politico-juridique afin de donner la possibilité aux citoyens d’assimiler la véritable signification de ces termes, ce qui leur permettra indéniablement de bien accomplir leur devoir électoral le jour «J».      

Mohamed Ali RHAIEM


Le régime présidentiel
Le régime présidentiel se caractérise par une stricte séparation des pouvoirs: le pouvoir législatif a le monopole de l’initiative et la pleine maîtrise de la procédure législative ; le pouvoir exécutif, qui dispose d’une légitimité fondée sur le suffrage universel, ne peut être renversé; par les instances législatives. La principale caractéristique du régime présidentiel réside dans le mode de désignation du chef de l’État, élu au suffrage universel direct ou indirect. Le président jouit ainsi d’une forte légitimité qui fonde les larges pouvoirs dont il dispose. Il a le pouvoir de nommer et de révoquer les ministres et a autorité sur eux. L’Exécutif relevant du seul président, celui-ci est à la fois chef de l’Etat et chef du Gouvernement. Sa responsabilité politique ne peut être mise en cause par les assemblées, mais, réciproquement, il dispose de peu de moyens de contrainte à leur égard. En effet, il ne peut pas les dissoudre et dispose seulement d’un droit de veto sur les textes législatifs qui ne lui conviennent pas.

Le régime parlementaire
Le régime parlementaire se distingue par une plus grande séparation des différents pouvoirs et par l’existence de mécanismes de régulation en cas de désaccord entre l’Exécutif et les assemblées parlementaires.    La principale caractéristique de ce régime réside dans la nécessité pour le Gouvernement de disposer de la confiance de la majorité parlementaire : il est donc responsable devant elle et doit remettre sa démission s’il ne dispose plus d’une majorité. Pour cette raison, l’Exécutif est dissocié entre le chef de l’Etat et le Gouvernement. Le premier, qui peut être un monarque, incarne la continuité de l’État et ne participe pas à l’exercice du pouvoir en dehors de la nomination du chef du Gouvernement. N’ayant pas, en principe, de rôle actif, il est politiquement irresponsable. En revanche, le chef du Gouvernement et ses ministres assument la conduite de la politique nationale sous le contrôle des assemblées parlementaires: l’autorité et la responsabilité politique sont ainsi étroitement liées. Pour cette raison, la plupart des actes du chef de l’État doivent être contresignés par les membres du Gouvernement concernés.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com