Préférence : 14 janvier ou 20 mars ?





Soixante-sept jours après la révolution, les Tunisiens ont célébré pour la première fois de leur histoire la fête de l’indépendance dans un contexte historique particulier.
Plus question pour eux de commémorer une fête nationale d’une manière superficielle sans se poser des questions sur leur histoire. Fini l’adhésion passive à des projets politiques basés sur la propagande au profit de telle ou telle personnalité politique sans se placer dans une approche critique susceptible d’éclairer la lanterne du Tunisien et de le guider dans sa volonté de connaître l’histoire de son pays.
C’est du moins ce qui ressort de ce sondage réalisé auprès des citoyens qui, apparemment, ont tendance à préférer la date du 14 janvier à celle du 20 mars.
M. Béchir Guebsi sirotait paisiblement son café lorsque nous lui avons demandé lesquelles des deux dates il préfère. Malgré son âge avancé, il n’a pas caché, d’emblée, son admiration pour les jeunes Tunisiens qui ont réussi à mettre à la porte un dictateur. «Il faut avoir réellement du courage et de la bravoure pour s’opposer à un tyran du poids de Ben Ali. Car, à l’époque Bourguiba et ses camarades connaissaient bien leur ennemi. Il s’agit d’un combat entre un pays colonisateur et un pays colonisé. De ce fait, le combat des Tunisiens était légitime, alors qu’avec Ben Ali, il s’agit d’un dictateur qui opprimait son peuple en utilisant tous les moyens pour le faire taire. C’est pourquoi il est, à mon avis, plus difficile de chasser un dictateur, que de combattre un colonisateur d’où ce penchant pour le 14 janvier». Il faut dire que cet air de liberté que respirent les Tunisiens est peut-être derrière cet avis exprimé par notre interlocuteur. Car, un peu plus loin, nous avons entendu un autre son de cloche exprimé cette fois-ci par un groupe de jeunes. Ils étaient unanimes quant à la réhabilitation de tous les symboles du patriotisme et du militantisme tunisien. Melle Yosra Ben Hamida est déjà à son deuxième livre qui raconte l’histoire de son pays: «Je veux tout savoir sur mon pays. Je veux découvrir les hommes et les femmes qui ont contribué à la libération de la Tunisie. J’ai déjà lu un premier livre sur Bourguiba et je suis maintenant à la lecture d’un document sur les opposants de Bourguiba. Cela n’est devenu possible que grâce à notre révolution du 14 janvier que je considère comme la vraie date de l’indépendance du pays».
Le débat est ainsi ouvert. Faut-il encore que les spécialistes en sociologie et en histoire se penchent sur ce dossier pour réécrire l’histoire de notre pays sur des faits réels.


Myriam Ben Salem




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com