Ras Jedir : On se prépare au pire





Les réunions ne font que se suivre à Ras Jedir afin de se préparer à un scénario catastrophe
après les frappes de la coalition.
Des militaires, des responsables de la protection civile, ainsi que des représentants de la santé publique ont tenu une réunion d’urgence samedi dernier à Zarzis pour se préparer à un éventuel afflux massif de nouveaux réfugiés. Cette réunion a permis de coordonner les efforts entre l’ensemble des protagonistes afin d’être au point en cas d’un afflux énorme et attendu de réfugiés. Un afflux qui comportera certainement un bon nombre de Libyens et de blessés, ce qui ne sera pas facile à gérer. On a déjà enregistré vendredi le passage de sept blessés (transportés vers les hôpitaux tunisiens les plus proches), entre civils et militaires au poste frontalier de Ras Jedir. Alors que les activistes à Ras Jedir et au camp de Choucha n’ont pas eu à affronter des cas de blessures graves, les frappes aériennes et maritimes de la coalition sur la Libye ont totalement changé la donne.
Afin de ne rien laisser au hasard, une quarantaine de salles d’opération seront aménagées et équipées dans plusieurs hôpitaux proches du point frontalier de Ras Jedir. Deux centres de transfusion sanguine seront également installés à Ben Gardane et Tataouine. La logistique au niveau du camp de Choucha sera également renforcée par dix ambulances, deux hélicoptères militaires, ainsi qu’une dizaine de véhicules militaires d’une capacité de transport de 60 personnes. Des médecins de la santé publique et de la faculté de médecine de Sfax renforceront aussi le staff médical de l’hôpital de Ben Gardane. C’est dire que les autorités tunisiennes se préparent à un scénario catastrophe.
Entre-temps, le nombre des réfugiés au camp de Choucha diminue de jour en jour. Ils sont actuellement un peu plus de sept mille à attendre leur tour pour être rapatriés chez eux. L’Organisation Internationale de Migration (OIM) effectue dans ce sens un travail colossal afin de permettre l’évacuation de tous les réfugiés vers leurs pays d’origine.
La situation, pour le moins instable, en Libye et les frappes de la coalition laissent penser qu’un afflux massif de réfugiés et de blessés passera bientôt le point frontalier de Ras Jedir. Les autorités tunisiennes se préparent déjà au pire.

Meher KACEM


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com