Promotion du tourisme tunisien : Un long chemin reste à faire





Pour promouvoir le tourisme tunisien, le ministère de tutelle a lancé deux campagnes publicitaires.  Sauf qu’à Nice, rien ne semble être fait, même pour attirer les vacanciers tunisiens. Le point.
De notre envoyée Imen ABDERRAHMANIO
Nice, c’est la Promenade des Anglais, la Place Garibaldi, la Place Massena, la place Rosseti, le jardin Albert I, le Vieux Nice avec ses innombrables galeries d’art, les musées de Henri Matisse et Marc Chagall, le jardin du musée d’art moderne… et 500.000 habitants dans la communauté urbaine Nice-Côte d’Azur qui peuvent constituer de nouvelles perspectives pour le tourisme tunisien. Un marché important à explorer surtout que certains Niçois avaient visité auparavant la Tunisie
Nice, c’est aussi l’art de communiquer, de séduire, de convaincre l’autre d’essayer, de tenter l’expérience. Ici, fleurissent bien les campagnes promotionnelles de tous les produits sans exception. Des affichages publicitaires partout, des flyers distribués ici et là… A Nice, la pub est un art, un savoir-faire. Tant qu’il y a des consommateurs dotés d’un grand pouvoir d’achat, il faut tout tenter.
Sauf que les responsables du tourisme tunisien semblent avoir un autre avis. Un avis complètement différent. «I love Tunisia» et «Enfin libre de bronzer», deux campagnes promotionnelles lancées par le ministère du Tourisme tunisien pour promouvoir la Tunisie post-révolutionnaire. A Nice, rien n’a été fait. Arrivé à l’aéroport, on ne relève aucune affiche indiquant la levée des restrictions de voyages vers les stations balnéaires tunisiennes. Point d’affiche invitant les voyageurs à faire la découverte de cette Tunisie nouvelle. Point d’indication sur les prix promotionnels que proposent la compagnie aérienne «Tunisair» ou également le ministère du tourisme tunisien. Grande surprise, mauvaise surprise mais jamais une déception. «Certes, il y aura des affiches au moins dans quelques quartiers niçois», je n’ai pas cessé de répéter pour m’assurer de l’impact de ces campagnes promotionnelles et surtout de la volonté des responsables pour sauver la saison touristique.
Tous sauf Tunis…
Se baladant dans les rues et les ruelles de Nissa la bella (en niçois), rien ne semble annoncer la relance de la saison touristique en Tunisie. A Nice, où les agences de voyages fleurissent dans chaque quartier, la Tunisie demeure malheureusement absente. Donnez-vous au jeu et parcourez la ville à la recherche d’une affiche. Même une petite affiche. Une banderole. Une pancarte. C’est le désert, bien qu’il y ait de nombreuses opérations promotionnelles. Il suffit de consulter le site d’Acropolis Voyage ou Alpilles Voyages pour tomber sur des offres très encourageantes vers Tunis, Djerba, Hammamet ou encore Monastir. Des offres alléchantes qui ne laissent personne indifférent. Sauf qu’il faut avoir de la passion et de la patience pour pouvoir tomber sur ces offres spéciales. Mais à contexte spécial, des mesures spéciales. Et le ministère du tourisme tunisien semble oublier cette logique de raisonnement. « Et les hôtels ? Est-ce qu’ils ont rouvert leurs portes ? N’y a-t-il pas de risque ? Qu’avez-vous prévu pour relancer la saison ? Je connais bien la Tunisie mais ça fait longtemps que je ne l’ai pas visitée», m’a demandé l’artiste Christina Jagow, lors d’une discussion dans son stand, dans le cadre du salon «Tous à l’art» à Nice. Et elle n’a pas été la seule à poser cette question.
En l’absence d’une information claire, précise et directe, c’est le flou qui règne, rendant difficile, même très difficile, le sauvetage de la saison touristique. « Chaque année, de retour en vacances en Tunisie, j’essaie de réserver une semaine à Hammamet pour toute la famille mais les hôteliers affichent déjà complet avant même la saison estivale. Pour cette année, je ne sais pas encore. Je n’ai aucune information sur les horaires et les offres de la Compagnie Tunisienne de Navigation (CTN). Pour les hôtels, j’ai entendu parler de la famille en Tunisie d’offres promotionnelles mais je n’ai pas de données exactes. Comme vous l’avez constaté, rien ici n’indique la reprise. C’est le silence», nous a confié Ali, le maître et chef cuisinier de «La Goulette», un restaurant de renom, spécialités tunisiennes, situé au boulevard Gambetta. Ali comme de nombreux autres Tunisiens résidant à Nice mais aussi dans d’autres pays européens souhaitent passer leurs vacances en Tunisie mais qui restent hésitants en l’absence d’information. Les campagnes publicitaires ont été lancées mais seules les opérations promotionnelles directes peuvent aider le tourisme à surmonter la crise. Des journées culturelles, gastronomiques et touristiques, de l’animation dans des espaces ouverts, des stands aménagés dans les foires et les festivals de la ville peuvent bien servir ces campagnes hébergées sur la toile.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com