Hommage : M’hamed Mtimet (1938-2011) Adieu l’artiste !





Une cérémonie commémorative du 40e jour du décès du plasticien tunisien M’hamed Mtimet a eu lieu avant-hier à l’Espace El Teatro.
Il y avait les proches, les collègues, les amis et le grand public, certes, mais aussi les souvenirs et les évocations de la part d’une multitude d’intervenants. Un hommage à un grand maître que fut Mtimet. Mais seulement un hommage verbal. En de telles circonstances, une exposition documentaire est habituellement organisée. Et avec un artiste plasticien qui usait parfaitement de tous les supports, une autre exposition, de quelques-unes de ses oeuvres, aurait été la bienvenue. Mais il n’y avait ni l’une, ni l’autre; seulement son autoportrait peint au pastel en 1970, était projeté par vidéo projecteur interposé sur l’écran de la salle. Sur scène, il y avait un tableau de Mtimet: un autre autoportrait où il s’était auto «croqué» au crayon. Et juste à côté, une sculpture où l’on retrouvait toujours M’hamed Mtimet, ou du moins son buste. Un dépliant, réalisé à l’occasion, a été distribué au public présent. Il contient la biographie de l’artiste, les photos de seize parmi ses oeuvres en peinture à l’huile, en aquarelle et en pastel et un texte-hommage, signé par l’historien de l’art Houcine Tlili. Il y dit, en substance: «Mtimet était un essayiste qui n’avait pas peur de tenter toujours et toujours davan­tage de s’approcher de la vérité sans trop croire qu’on puisse un jour l’atteindre… Il s’est essayé à tous les genres artistiques et plus particulièrement à la peinture, mais aussi à l’aquarelle; où il a excellé… Mtimet était chasseur de mirage. N’est-ce-pas-là le propre des artistes?
Dans une salle où la lumière était tami­sée, comme pour insister sur l’atmosphère triste d’une telle cérémonie, la famille de Mtimet, ses amis et collègues qui, lisant un texte, qui, improvisant quelques mots qui sortaient du fond du coeur insistaient sur l’homme et l’artiste qu’il fut. Un film-montage en vidéo réalisé par Naïma Ben Ammar, fut projeté en préambule. En si­lence, les photos de Mtimet parlaient d’elles-mêmes, sur fond de musique du Oud. On lisait: «Merci maître d’avoir tout donné». La suite était sonore et filmée; avec des extraits d’un entretien avec Mtimet qui y parle de sa vie professionnelle et artistique, avec la création de son atelier en 1989, après avoir enseigné les arts plastiques dans les lycées et à l’école des Beaux-Arts durant trente-neuf ans.
Les souvenirs foisonnent…
Les «compagnons» de Mtimet ne pou­vaient qu’évoquer les beaux jours et les souvenirs ineffaçables avec leur collègue et ami. Abdelmajid El Bekri qui l’avait connu, dès 1964, avait exposé avec lui en 1969. Une période féconde où l’atmos­phère du milieu artistique ne ressemblait en rien à celle d’aujourd’hui. Quant à Hédi Naïli, il a évoqué l’homme, l’artiste et le pédagogue qu’était M’hamed Mtimet. «Un volcan éternellement bouillant, avec un trait sûr, tout en ayant un humour caus­tique», a relevé l’interlocuteur. Et de continuer qu’«il poussait à maturation de nouveaux talents. Hédi Naïli n’a pas manqué de cligner de l’oeil à l’état actuel de l’Union des artistes Plasticiens Tuni­siens où l’on retrouve, selon ses dires «des gens qui n’ont aucun rapport avec l’art et qui ne savent pas encore de quel côté peint un pinceau!» Les interventions se suivaient. De Raouf Gara, à Souad Chehibi, qui improvisa un texte en dialec­tal tunisien, qui met en exergue les «R’jel», les hommes-artistes, au vrai sens du terme. Mohamed Ayeb, directeur de la galerie «Aïn», a annoncé que Mtimet devait exposer avec sa fille dans cette galerie en juin 2011, tout en indiquant que Mtimet était son ami intime et plus qu’un frère. Mtimet n’est plus, mais son oeuvre artistique demeurera.

Lotfi BEN KHELIFA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com