Arrêt des opérations de la coalition : La balle est dans le camp de Kadhafi





L’opération militaire de la coalition internationale peut s’arrêter «à tout moment» en Libye si Mouammar Kadhafi se conforme aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et accepte un cessez-le-feu.
Le Quotidien-Agences
Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a déclaré que l’opération militaire de la coalition internationale peut s’arrêter «à tout moment» en Libye si Mouammar Kadhafi se conforme aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et accepte un cessez-le-feu.
«L’intervention militaire peut s’arrêter à tout moment. Il suffit que le régime de Tripoli se mette en conformité exacte et complète avec les résolutions du Conseil de sécurité, qu’il accepte un cessez-le-feu authentique, qu’il retire ses troupes des endroits où elles ont pénétré», a précisé le ministre français devant l’Assemblée nationale.
Il faut aussi que «les forces de Kadhafi rentrent dans les casernes et l’opération militaire s’arrêtera», a souligné Alain Juppé.
«Au-delà, il nous faut d’ores et déjà penser à la suite et la suite c’est la paix. La France a été à l’initiative dans l’organisation de l’intervention militaire, elle sera en initiative dans l’organisation de la paix. Le président de la République (Nicolas Sarkozy) s’exprimera dans les prochains jours dans cet esprit», a aussi annoncé le chef de la diplomatie.
Pour sa part, le commandant de l’opération «Aube de l’Odyssée», l’amiral américain Samuel Locklear a affirmé que les forces loyales au colonel Mouammar Kadhafi continuent de s’en prendre aux populations civiles au troisième jour de l’intervention militaire de la coalition en Libye.
«Je considère qu’en dépit de nos succès jusqu’à aujourd’hui, Kadhafi et ses forces ne se conforment pas à la résolution de l’ONU et continuent d’attaquer les populations civiles libyennes», a déclaré l’amiral Locklear lors d’une conférence de presse depuis le Mount Whitney, navire amiral de la coalition au large de la Libye.
Selon lui, les forces du colonel Kadhafi doivent se retirer d’Ajdabiyah, de Misratah et Zawiyah. L’amiral Locklear a ajouté que les deux membres de l’équipage du F-15 américain tombé dans l’Est de la Libye dans la nuit avaient été récupérés par «les forces de la coalition». Le second aviateur avait d’abord été pris en charge par la population libyenne qui l’avait «traité avec dignité et respect», a-t-il dit.
Les enfants visés
D’ailleurs, les violences se poursuivaient. Hier, cinq personnes, dont quatre enfants, ont été tuées à Misrata, troisième ville du pays, située à environ 200 km à l’est de Tripoli, par des tirs de pro-Kadhafi, selon les rebelles. La veille, 40 personnes y avaient déjà été tuées et plus de 300 blessées, selon la même source.
Des chars et des snipers, déployés dans la principale artère de la ville, ont ouvert le feu «aveuglément», selon un porte-parole des rebelles de cette ville précisant que les enfants tués se trouvaient à bord d’une voiture avec leurs parents. Un porte-parole du régime avait indiqué avant-hier que cette ville avait été reprise aux insurgés «il y a trois jours», mais que les forces gouvernementales y recherchaient des «éléments terroristes».
Dans la nuit de lundi à mardi, des tirs de la défense anti-aérienne suivis d’explosions ont retenti à Tripoli près de la résidence du dirigeant libyen, selon un journaliste de l’AFP. La nuit précédente, des missiles avaient détruit un bâtiment au sein de cette résidence-caserne dans le Sud de la capitale.
Une base navale située à 10 km à l’Est de Tripoli a également été touchée par des bombardements lundi soir, selon des témoins.
Mais l’intensité et le nombre des attaques a diminué depuis la première nuit de samedi à dimanche.
«Sauf si quelque chose d’inhabituel ou d’inattendu survient, nous pourrions voir un ralentissement dans la fréquence des attaques. Nous avons déjà vu, entre la première nuit des frappes Tomahawk et la deuxième, une réduction importante», a déclaré lundi soir à la presse le chef de la coalition, le général américain Carter Ham.
Au Sud-Ouest de Tripoli, la région d’Al-Jabal Al-Gharbi, en particulier les villes de Zenten et Yefren sous contrôle de la rébellion étaient toujours visées par des attaques des pro-Kadhafi lundi, selon des habitants.
Selon le régime libyen, depuis samedi, la coalition a mené des raids sur Tripoli, Zouara, Misrata, Syrte ciblant notamment des aéroports, faisant de «nombreuses victimes» parmi les civils. Elle a aussi a visé lundi Sebha, un fief de Kadhafi dans le Sud du pays.
Trois journalistes occidentaux, deux de l’Agence France-Presse et un photographe de l’agence Getty Images qui couvrent les événements en Libye, ont été arrêtés le 19 mars dans la région de Tobrouk (Est) par l’armée libyenne, selon le témoignage de leur chauffeur.
Embargo
Par ailleurs, les pays de l’Otan en quête d’un compromis après leurs débats violents de lundi sur le bien-fondé et les modalités d’une participation de l’alliance à l’intervention en Libye, se sont chargés hier de la mission de faire respecter l’embargo sur les armes.
Les 28 ambassadeurs des pays de l’Otan «sont tombés d’accord pour imposer un embargo sur les armes qui seraient acheminées» au large des côtes libyennes, a indiqué un diplomate.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com