Révolte dans le monde arabe : La Syrie suivra-t-elle le mouvement ? :





 La situation à Deraa a dégénèré hier en faisant une quinzaine de morts après des tirs de balles réelles sur les manifestants par les forces de l’ordre syriennes qui ont ouvert le feu lors des funérailles de deux des cinq personnes tuées dans la nuit précédente. 
 Le Quotidien- Agences
Au moins quinze personnes ont été tuées hier à Deraa dans le Sud de la Syrie, théâtre de manifestations sans précédent contre le pouvoir, selon un nouveau bilan donné par des militants des droits de l’Homme.
Les forces de l’ordre syriennes ont ouvert le feu hier lors de funérailles de deux des cinq personnes tuées dans la nuit à Deraa, dans le Sud de la Syrie, avait indiqué plus tôt ce militant, parlant de plusieurs bles­sés.
«Des balles réelles ont été tirées alors que les parents des deux victimes ainsi que des manifestants revenaient de l’enterrement», a déclaré ce militant sous couvert de l’anonymat, précisant: «il y a eu des blessés».
Un photographe de l’AFP a vu une personne «blessé à la tête» dans un hôpital de la ville.
Les deux personnes enterrées étaient une jeune fille, Ibtissam Massalmeh, et un médecin, Ali Ghoudab Al-Mahamid, tous deux tués dans la nuit par les forces de l’ordre, a précisé le militant.
Dans le même temps, des échanges de tirs ont eu lieu entre les forces de sécurité et des protestataires autour de la mosquée Al-Omari, devenue leur point de ralliement et autour de laquelle ont eu lieu les af­frontements de la nuit, selon un reporter de l’AFP qui a vu un blessé.
Deraa, à une centaine de km au Sud de Damas, est encerclée par l’armée et les forces anti-terroristes. Hier après-midi, les rues étaient désertes et la plupart des boutiques fermées.
Cinq manifestants ont été tués dans des affronte­ments entre forces de l’ordre et manifestants autour de la mosquée, avait indiqué le militant plus tôt, qui avait déjà parlé de l’usage de «balles réelles».
Une autre version
D'autre part, les autorités ont donné une autre ver­sion, imputant ces heurts à un «gang armé» et faisant état de quatre morts, selon l’agence officielle Sana.
«Un gang armé a attaqué après minuit une équipe médicale dans une ambulance qui passait près de la mosquée Al-Omari, tuant un médecin, un aide-soignant et le chauffeur», a affirmé Sana, ajoutant qu’un membre des forces de l’ordre avait aussi été tué.
Sana a fait état de l’intervention «des forces de l’ordre (...) qui ont pu toucher (par balles) certains et arrêter d’autres» membres du gang.
Selon l’agence, «ces bandes armées ont emma­gasiné des armes et des munitions dans la mosquée».
Pour appuyer ces affirmations, la télévision d’Etat a montré des images de pistolets, fusils, grenades et munitions stockés, selon elle, dans la mosquée.
Les autorités ont en outre dénoncé «des parties étrangères qui continuent de propager des mensonges sur la situation à Deraa».
«Ces parties prétendent qu’elles reçoivent des messages et des photos de l’intérieur de la ville et que des massacres y ont lieu, pour inciter les habi­tants» à se révolter, selon Sana.
Plus d’un millier de manifestants scandant des slogans contre le régime s’étaient rassemblés avant-hier dans la journée autour de la mosquée.
Un mouvement de contestation sans précédent a débuté le 15 mars en Syrie à la suite d’un appel via une page Facebook intitulée «la révolution syrienne contre Bachar Al-Assad 2011», à des manifestations pour «une Syrie sans tyrannie, sans loi d’urgence (depuis 1963) ni tribunaux d’exception».
De petites manifestations ont été dispersées depuis le 15 mars dans la capitale, puis le mouvement s’est étendu au Sud.
Outre les décès d’hier, six manifestants ont déjà été tués dans la répression à Deraa, selon le militant des droits de l’Homme.
Des dizaines de manifestants ont été arrêtés depuis le 15 mars dans le pays, selon des associations de défense des droits de l’Homme.
Un avocat a fait état hier de la libération de six militantes arrêtées la semaine dernière lors d’une manifestation.
Le président Bachar Al-Assad, au pouvoir depuis 2000, n’est pas intervenu publiquement depuis le début des manifestations. L’opposition déplore l’ab­sence de réformes depuis une décennie.
La France a appelé la Syrie à «renoncer à tout usage excessif de la force» contre les manifestants.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com