P J D : La défense de l’identité arabo-islamique comme préalable au progrès





Les couleurs sont le vert et le blanc; l’emblème est une balance avec de part et d’autre les mots dignité et liberté, et portant au milieu un épi. Telle est l’identité visuelle du Parti de la justice et du développement, formation légalisée le 18 mars 2011.
Au cours d’un point de presse, les animateurs de ce nouveau parti, le PJD, ont tenu à mettre en exergue son orientation de centre-droite et son attachement à l’identité de l’Etat qui est arabo-musul­mane mais « en butte actuellement encore à des attaques déclarées de parties à la solde de la France et de la franc-maçonnerie, filiale du sionisme».
24 juillet en ligne de mire
Se référant à la Constitution et à la loi sur les partis politiques et s’appuyant sur les constantes culturelles des Tunisiens, le PJD clame se mettre «au service du peuple» dans la défense de l’arabité et de l’Islam, «n’en déplaise aux détracteurs», selon M. Mohamed Salah Hidri, président de l’instance provisoire du parti.
«Bien que l’échéance soit trop proche, nous nous présenterons aux élections du 24 juillet prochain pour participer à l’As­semblée constituante qui votera la Consti­tution de la Deuxième république tuni­sienne». Le PJD affiche une confiance tranquille de remporter une majorité confortable lors de ce scrutin et s’engage néanmoins à se plier au verdict populaire, quel qu’il soit pour se ranger dans le cas défavorable dans une opposition pacifique et modérée.
Durant plus d’un demi-siècle, Bourguiba et Ben Ali avaient exercé une fausse dé­mocratie, centralisée, stalinienne. Tout émanait d’en haut, et l’injustice, le despo­tisme et l’exclusion faisaient la règle du pouvoir.
Jalons pour un développement équitable
Le PJD prône un développement poli­tique, économique et social. Il est adepte d’un libéralisme que cerne l’équité ; la ri­chesse devant être accessible à tous au sein de la société. Il adoptera la «ségré­gation positive» au profit des régions défavorisées afin, justement, de rétablir l’équilibre harmonieux. «L’économie ne peut sainement s’ériger que sur un pié­destal fait de confiance, tout comme la politique est avant tout un choix éthique. Il ne pourra y avoir de développement d’investissement ou de consommation lorsque l’Etat agit dans l’opacité des don­nées et perd ainsi la confiance en lui. Dans ce contexte, le rôle de l’Etat est celui de modérateur et d’arbitre, non celui de pro­ducteur, sauf dans les secteurs straté­giques et les secteurs publics ». Les animateurs du Parti de la justice et du développement annoncent clairement leur préférence des mécanismes de l’écono­mie islamique au détriment de ceux de l’économie conventionnelle : «même les finances de l’Occident commencent à adopter et à user des solutions de l’Islam à ce propos», note M. S. Hidri, ajoutant dans la lancée: «l’Etat collectera et distri­buera la zakat au profit du développement de l’individu et de la communauté».
Les dimensions internationales du PJD ont été évoquées aussi à l’occasion de cette conférence de presse à laquelle ont participé et ont pris la parole quelques membres de la direction du parti ainsi que de quelques simples citoyens présents dans la salle. En fait, ce parti défend l’appartenance magré­bine, arabe et islamique en prime des di­mensions géopolitiques et stratégiques de la Tunisie telle qu’ils la prônent. La dimen­sion méditerranéenne est grandement prise en compte aussi, toujours sous un jour de mutualité souveraine.
Le volet social de ce parti accorde un intérêt prononcé à la famille comme base de la société et à la femme comme fon­dement de la famille, tout en défendant sa liberté et ses droits fondamentaux à la vie active. Même la femme qui choisira le foyer aura droit à une rémunération, vu le rôle social qu’elle y assume. Le Code du statut personnel est un acquis qu’il faudra consolider et mieux intégrer aussi bien dans la modernité que dans l’entité socio­culturelle nationale commune.
Le PJD dénonce les politiques moné­taires de prêts à court terme et opte pour le non-remboursement des intérêts qui en résultent. La maffia Ben Ali en avait trop abusé au détriment du véritable dévelop­pement du pays. D’ailleurs, remarque M. Hidri, «le parlement européen discutera ce 24 mars du dossier de l’endettement de la Tunisie et des signaux positifs se font déjà entendre de Strasbourg».
Pas besoin d’alliances
Les options idéologiques et pratiques du PJD rappellent à s’identifier avec celles d’autres formations à vocation centre-droite et notamment les partis à forte sensibilité islamique. Le PJD s’en défend de manière plus ou moins claire et défend le choix de ses fondateurs de ne pas avoir regagné ces formations-là. «Ayant participé à la révolution, aucun parti ne nous est apparu capable de traduire nos idées. Aucun ne se révèle sur la base d’une pensée typi­quement tunisienne; c’est de références étrangères que tous ces partis se récla­ment». De ce fait, le nouveau parti aura à puiser dans le riche terroir islamophile tunisien et par conséquent, il pense pour le moment ne pas avoir besoin d’un quel­conque recours à des alliances politiques ou électorales.

Mounir BOUDALI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com