Libye : La coalition varie





Les avions de la coalition ont attaqué, hier, les forces loyalistes faisant le siège de Misrata, venant en aide aux rebelles libyens impuissants face aux blindés de Kadhafi.
Le Quotidien-Agences
Les forces de la coalition effectuent des frappes aériennes en Libye contre les forces au sol du colonel Kadhafi qui attaquent notamment les villes d’Ajdabiya, Misrata et Zawiyah pour les forcer à se replier, a reconnu mardi le contre-amiral américain Gerard Hueber.
Adjoint du commandant opérationnel de la coalition, le contre-amiral Hueber a affirmé que les avions de la coalition internationale «mettent la pression sur les forces au sol de Kadhafi qui menacent les villes».
Interrogé par les journalistes sur le fait de savoir si cela signifiait des frappes aériennes, l’officier, qui se trouve à bord du navire amiral américain Mount Whitney au large de la Libye, a répondu «oui».
«Afin de protéger les populations civiles, en accord avec nos partenaires de la coalition, oui, nous nous en prenons aux forces de Kadhafi qui attaquent les centres de population et mettons la pression sur elles», a-t-il ajouté.
Il n’a pas voulu préciser si ces frappes pouvaient viser des forces de Kadhafi au sein même des villes.
Mais a-t-il lancé, «les forces de Kadhafi doivent se retirer de Misrata, Ajdabiya et Zawiyah».
Ces frappes aériennes visent notamment les troupes mécanisées de l’armée libyenne ainsi que son artillerie et ses systèmes mobiles de défense anti-aérienne.
Le contre-amiral Hueber a affirmé qu’il n’y avait «pas eu de signalement de victimes civiles» après ces frappes.
«Notre mission est de protéger la population civile et nous choisissons nos cibles et planifions nos actions avec cela comme principale priorité», a plaidé le contre-amiral.
Désastre humanitaire
Lors d’une opération de récupération d’un pilote de F-15 dont l’avion s’est écrasé à l’est de Benghazi lundi soir, deux avions des Marines ont largué deux bombes de 227 kilos. Huit civils ont alors été blessés, selon des témoignages de sources hospitalières recueillis par une journaliste de l’AFP sur place.
A Misrata, selon plusieurs témoignages, un désastre humanitaire est en cours et les bombardements des chars de Kadhafi ont fait des dizaines de morts depuis lundi. Les tirs se sont tus depuis que l’aviation coalisée a commencé à viser l’armée de Kadhafi, selon un habitant.
«Ces frappes nous donnent de l’espoir, surtout qu’elles sont précises et visent les forces et pas seulement les bases», a dit cet habitant de Misrata, Saadoun, à Reuters.
Ces opérations de précision peuvent être dirigées à longue distance par électronique et utilisent les informations de rebelles sur le terrain ou des missions de reconnaissance.
L’offensive de l’armée régulière s’est cependant poursuivie à Zentane, petite ville proche de la frontière tunisienne.
Depuis samedi, les forces occidentales ont effectué plus de 300 sorties et plus de 160 missiles Tomahawk ont été tirés sur la Libye pour imposer une zone d’exclusion aérienne, dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité autorisant le recours à la force pour protéger les civils.
Le responsable d’un camp d’entraînement des insurgés près de Benghazi demande davantage. «Nous avons besoin de munitions. Nous avons besoin d’armes. Car nous n’avons pas assez pour avancer vers l’ouest, vers Tripoli et Syrte», dit Faouzi Bouktif.
«Nous aimerions des formateurs occidentaux. On ne veut pas de soldats (mais) des formateurs et leurs armes», plaide celui qui, il y a quelques semaines, était encore ingénieur dans l’industrie pétrolière.
«On a assez de pétrole pour tout payer, sans problème», dit-il. Une armée rebelle est en train de se constituer, poursuit Bouktif, reconnaissant qu’il ne s’agit pour le moment que d’un ensemble de volontaires unis par la seule haine de Kadhafi.
Ajdabiah, une ville fantôme
Les insurgés sont bloqués dans leur contre-offensive par la présence de blindés à l’entrée d’Ajdabiah. «Ce n’est même plus Ajdabiah. C’est une ville fantôme, morte, détruite», dit Faraj Ali, un combattant rebelle.
La ville est sans électricité depuis une semaine et les corps pourrissent à la morgue, a dit une famille fuyant l’endroit.
Faraj Ali se désespère de l’attitude des dirigeants rebelles à Benghazi. «Pour être franc, ça ne sert à rien de demander quelque chose au Conseil national libyen. Nous voulons l’aide des Occidentaux. Sans eux, les hommes de Kadhafi seraient à Benghazi», dit-il.
Les dirigeants rebelles cherchent toutefois à s’organiser et ont chargé Mahmoud Jabril, un réformateur libyen, de former un gouvernement d’intérim.
Alors que des experts s’inquiètent d’un risque d’enlisement du conflit, que le débat enfle aux Etats-Unis sur la durée et le coût de cette mission, Londres, Washington et Paris semblent s’être accordés sur une structure dirigeante.
L’Otan n’aura qu’un «rôle technique», a dit la France, qui souhaitait que le pilotage politique reste dans le giron de la coalition.
Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, a précisé qu’une réunion mardi prochain à Londres permettrait de créer un «groupe de contact» responsable du «pilotage politique de l’opération», composé des pays de la coalition, de l’Union africaine, de la Ligue arabe et d’autres pays européens volontaires.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com