Un mois après la révolution (février 2011) : Prix à la consommation: se libérer de toutes les contraintes





La fiabilité des résultats de l’indice des prix à la consommation familiale mesuré  mensuellement dépend principalement et étroitement de l’efficacité des enquêtes effectuées le long du mois et qui permettent d’observer de près tous les produits formant le panier de la ménagère au moins une fois par mois. Pour cela, il doit y avoir des bonnes conditions de travail afin de pouvoir détecter des prix réels et d’assurer une couverture représentative. Or, le mois de février en question a été caractérisé par une instabilité dans tout le pays qui a pesé sur tout le processus économique en créant de ce fait un déséquilibre au niveau des circuits de production, de distribution et de commercialisation. Les efforts déployés pour gérer les difficultés d’approvisionnement des marchés et des points de vente étalés sur tout le territoire national, surtout en produits alimentaires, ont connu une lenteur d’intervention dans la plupart des cas. Les enquêtes n’ont pas été bien accomplies pour des raisons de sécurité en premier lieu, manque de moyens pour se déplacer , fermeture de nombreux points de vente de l’échantillon et les pratiques illégales exercées à l’occasion dans les transactions commerciales.
Tous ces facteurs d’exception ont sérieusement nui au bon déroulement des travaux d’observation et de relevé des prix .Ainsi,  les résultats de l’indice des prix du mois de février 2011 sont faibles et doivent être utilisés avec précaution, car les différents taux marqués par les groupes de produits méritent d’être revus et renforcés.
La régression remarquable des prix des produits du textile et des chaussures de 5.4% est due essentiellement aux soldes entamés depuis le début du mois en considération ont largement influencé l’indice général; quant aux produits alimentaires, les variations de leurs prix ont touché quelques produits dont les tarifs sont fixés à l’avance et valables pour tous les points de vente tels que les viandes et poulets qui ont affiché une baisse de 1.2%. L’évolution des prix survenue au niveau des autres groupes de produits a oscillé entre -0.3% et +0.2% et s’est limitée aux produits de faible poids dans le panel de l’indice.
Le rapport de la moyenne des deux premiers mois de l’année en cours avec ceux de l’année précédente révèle que le taux d’inflation obtenu +3.2% est majoritairement hérité de l’année écoulée.
Tous les utilisateurs vont se méfier énormément quand ils apprennent que les prix du détail ont glissé depuis le début de l’année en cours vers le négatif de 0.7% et que tous les circuits économiques sont stables et résistants malgré les événements qu’a connus notre pays durant toute cette période. Le plus gênant dans tout cela est que cette baisse des prix n’ a touché dans sa totalité que les produits libres qui ont fait l’objet de spéculation et de pratique commerciale illicite, à savoir -0.8%, quant aux produits non libres qui doivent traduire la volonté du gouvernement dans la maîtrise des prix des produits de première nécessité et la préservation du pouvoir d’achat du consommateur surtout dans les moments difficiles ont gardé quand même leur niveau du mois de janvier dernier .
Le comportement frénétique du citoyen engagé par crainte de pénurie des produits alimentaires a provoqué un dérapage spéculatif des transactions commerciales en plus à la baisse considérable du rythme de production des produits manufacturiers sous l’effet des grèves des ouvriers de toutes catégories et des dégâts subis par certaines unités de production influençant en conséquence l’offre des biens et services. Tous ces scénarios ont sérieusement affecté nos marchés. La nécessité d’une attention particulière et des efforts supplémentaires pour mieux gérer les enquêtes statistiques donnent plus d’efficacité aux résultats réalisés qui peuvent séduire les utilisateurs et leur donnent confiance.
Les responsables de l’institut national de la statistique qui veillent à la production des données statistiques des différents thèmes soit économiques ou sociales, doivent profiter de cette nouvelle ère pour surmonter en premier lieu toutes les contraintes qui ont accablé leur liberté de réflexion et qui ont réduit leurs valeurs ajoutées, il est temps de s’exalter et mettre en valeur leur savoir-faire en reprenant toutes les méthodologies de calcul et en revoyant tout ce qui n’a pas marché jusqu’à maintenant. Les jeunes compétences-statisticiens  et économistes, garde-fou de la révolution du 14 janvier 2011 sont capables d’exceller, de relever le défi et rendre la gloire à leur entreprise qui a peiné pendant une longue période avec (des résultats prédisposés, des méthodes de travail qui méritent d’être révisées et le choix des données sur mesure et arbitraires). La fiction, la qualité de l’information statistique et la rationalité de conception encouragent les économistes et les chercheurs à approfondir leur collaboration en toute confiance aux résultats statistiques publiés; c’est le moyen le plus sûr qui encourage la tenue des séminaires de réflexion et des ateliers de travail sur les sujets vivants du développement économique et social de notre nation.

Mohamed Marzouki (Statisticien)


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com