Syrie : Après la répression, les concessions…





Les autorités syriennes ont changé de ton et ont envisagé des décisions importantes au profit
du peuple après la mort d’une centaine de manifestants avant-hier par des tirs de la police.
Le Quotidien-Agences
La Syrie va prendre des «décisions importantes» pour répondre aux aspirations du peuple, a déclaré hier à la presse Boussaïna Chaâbane, conseillère du président Bachar Al-Assad.
«La Syrie prendra des décisions importantes pour répondre aux aspirations du peuple, et le peuple prendra part à toutes les décisions qui seront prises», a affirmé Chaâbane.
La conseillère a déclaré aussi que la Syrie envisage d’annuler la loi d’urgence et va mettre en place des mécanismes «efficaces» pour lutter contre la corruption.
Cette annonce survient alors que la ville de Deraa, dans le Sud de la Syrie, est le théâtre de protestations sans précédent contre le pouvoir.
Au moins une centaine de personnes ont été tuées la veille à Deraa, noyau de la contestation en Syrie qui a débordé dans des villes voisines, ont indiqué à l’AFP à Nicosie des militants des droits de l’Homme et des témoins.
«Il y a sûrement plus de cent morts et la ville a besoin d’une semaine pour enterrer ses martyrs», a affirmé Ayman Al Assouad, militant des droits de l’Homme, joint au téléphone par l’AFP à Deraa depuis Nicosie.
Al-Assouad a accusé les forces de l’ordre d’«avoir utilisé des balles réelles» contre des manifestants qui participaient mercredi à des funérailles dans cette ville.
Un autre militant des droits de l’Homme a affirmé que le nombre des tués à Deraa et dans les localités voisines «dépassait les 150 morts».
Selon lui, «plusieurs personnes tuées étaient venues des villages voisins de Deraa pour participer aux funérailles».
Un précédent bilan fourni mercredi par des militants des droits de l’Homme et des témoins faisait état de quinze morts dans cette ville tribale de quelque 75.000 habitants à 120 km au Sud de Damas en proie à des protestations depuis le 18 mars.
Les autorités ont imputé mercredi les heurts à un «gang armé», l’accusant d’avoir tué quatre personnes et «d’emmagasiner des armes dans la mosquée» Al-Omari à Deraa. Elles ont aussi dénoncé «des parties étrangères qui continuent de propager des mensonges sur Deraa» et affirmé que des messages SMS, envoyés pour la plupart d’Israël, appellent les Syriens à provoquer des troubles.
Un mouvement de contestation sans précédent a débuté le 15 mars en Syrie à la suite d’un appel via une page Facebook intitulée «la révolution syrienne contre Bachar Al-Assad 2011», à des manifestations pour «une Syrie sans tyrannie, sans loi d’urgence ni tribunaux d’exception».
De petites manifestations ont été dispersées dans la capitale, puis le mouvement s’est étendu au Sud.
Les Etats-Unis se sont déclarés «alarmés» par «la violence et les arrestations arbitraires», alors que le chef de l’ONU Ban Ki-moon a condamné la violence contre «des manifestants pacifiques».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com