Libye : La coalition accentue la pression sur Kadhafi





La coalition internationale a accentué, hier, la pression sur le colonel Mouammar Kadhafi, avec de nouvelles frappes aériennes dans les environs de Tripoli et des raids intensifs sur le fief de sa tribu à Sebha.
Le Quotidien-Agences
Des raids aériens ont visé la région de Tajoura (une trentaine de km à l’Est de Tripoli), selon des habitants. La télévision d’Etat a confirmé que «des sites militaires et civils dans la région de Tajoura à Tripoli continuent à être la cible de raids de l’agresseur croisé et colonialiste».
Des témoins avaient déjà fait état d’une forte explosion avant-hier soir sur une base de l’armée de terre dans la région de Tajoura, suivie d’un incendie. La télévision libyenne avait diffusé des images montrant des corps calcinés dans la morgue à Tripoli mais les autorités n’étaient pas en mesure de fournir un bilan des victimes.
La coalition a également mené dans la nuit de mercredi à hier des raids aériens intensifs sur la ville de Sebha (750 km au Sud de Tripoli), selon des habitants. Sebha abrite plusieurs sites militaires et est le fief de la tribu des Kadhadfa dont est issu le dirigeant libyen ainsi que des tribus armées qui lui sont jusqu’ici les plus fidèles.
Selon des habitants de la ville, plusieurs fidèles au régime, notamment ceux basés à Syrte, se sont retranchés à Sebha depuis le début samedi des opérations de la coalition dirigée par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne.
L’aviation française a conduit une attaque contre une «base aérienne» libyenne «à 250 kilomètres au Sud des côtes» dans la nuit de mercredi à hier, a annoncé l’état-major des armées à Paris.
Par ailleurs, un chasseur français a détruit un avion libyen dans la région de Misrata, où se trouvent les chars de Kadhafi. Les circonstances dans lesquelles l’appareil libyen, un G-2 Galeb, avion de fabrication yougoslave utilisé pour l’attaque au sol, a été détruit, restent floues. Il n’est pas encore sûr que l’appareil libyen a violé la zone d’exclusion aérienne. Selon un responsable américain, qui a confirmé l’engagement, il semblerait que le Galeb était en train d’atterrir lorsqu’il a été abattu mais d’autres rapports mentionnent qu’il se trouvait déjà au sol.
Avancée
A Ajdabiya, à 160 km au Sud de Benghazi, le fief des rebelles dans l’Est, une forte concentration de troupes rebelles avançaient rapidement pour reprendre le contrôle de cette ville clé, selon un journaliste de l’AFP. Des combats se déroulent à l’intérieur entre les forces de Kadhafi et les rebelles.
Le ministère britannique de la Défense a annoncé qu’un sous-marin britannique a lancé une nouvelle salve de missiles Tomahawk contre les systèmes de défense anti-aérienne en Libye, le plus haut gradé de la Royal Air Force Greg Bagwell affirmant que l’aviation libyenne «n’existe plus comme force de combat».
Adjoint du commandant opérationnel de la coalition, le contre-amiral américain Gerard Hueber a affirmé que les avions de la coalition mettent la pression sur les forces au sol de Kadhafi qui «menacent les villes».
La coalition a mené mercredi des frappes contre les troupes de Kadhafi au sol notamment à Misrata, troisième ville du pays, où des combats ont fait rage mercredi entre rebelles et partisans de Kadhafi.
Les forces gouvernementales ont bombardé mercredi soir l’hôpital et des maisons à Misrata (à 200 km à l’Est de Tripoli), selon un témoin et un porte-parole rebelle. Tripoli a démenti disant respecter le cessez-le-feu imposé par l’ONU.
«La machine de propagande de Kadhafi tente de faire croire qu’ils contrôlent le port, ce qui est faux. Les habitants de Misrata contrôlent le terrain. Ils tentent ainsi par ces moyens exécrables d’empêcher toute aide humanitaire d’arriver jusqu’au peuple qu’ils tuent», a indiqué un porte-parole des rebelles contacté par téléphone.
Tractations
Par ailleurs l’Otan a poursuivi hier des tractations pour tenter de finaliser le rôle de l’Alliance atlantique dans l’opération en Libye.
Pour l’heure, la Turquie a empêché un accord mercredi, refusant d’autoriser l’Otan à prendre en charge la zone d’exclusion aérienne dans le ciel libyen si, en préalable, la coalition ne cesse pas ses bombardements.
Or, la France a affirmé hier que la coalition allait «continuer les frappes aériennes» sur des cibles militaires. «Cela va continuer le temps nécessaire», a déclaré son chef de la diplomatie, Alain Juppé.
Washington veut se désengager le plus vite possible de la conduite des opérations de la coalition menée aux côtés principalement de la France et de la Grande-Bretagne, pour passer le relais à l’Otan, selon un diplomate.
L’Otan est pour le moment chargé de surveiller l’embargo sur les armes à destination de la Libye et a entamé ses patrouilles mercredi au large du pays.
Le pilotage politique de l’intervention est confié à un groupe de contact réunissant Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et les pays, y compris arabes, participant à l’opération, qui doit se réunir pour la première fois mardi.
La suite des événements en Libye sera aussi à l’ordre du jour d’un sommet européen à Bruxelles hier.
L’Organisation internationale pour les migrations estime à 800.000 le nombre de ressortissants étrangers se trouvant toujours en Libye, a indiqué hier à l’AFP Laurence Hart, chef de mission de cette organisation à Tripoli.
Depuis le 20 février, quelque 280.000 personnes ont fui la violence en Libye, selon le Haut commissariat aux réfugiés.
Le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, fait face depuis le 15 février à une révolte qui a fait des centaines de morts et poussé plus de 300.000 personnes à fuir.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com