«Ellil zahi» : Le vaudeville sur fond de révolution





La première d’«Ellil zahi», de la Troupe de la ville de Tunis, a eu lieu avant-hier au Théâtre municipal. Une œuvre dans l’air du temps et loufoque, à souhait.
Adaptée et mise en scène par Farhat Jedid, «Ellil zahi» n’a, en fait, de prétention que de faire rire et de faire passer aux spectateurs, qui étaient assez nombreux, ce soir-là, qu’une heure et demie de détente. Et quoi que versant dans le vaudeville, ou le «théâtre-digestion», le sandwich était bon à prendre, en compagnie de sociétaires de la TVT et d’autres visages qui y jouaient pour la première fois, en son sein. Nous citons Jamel Laroui et Mohamed Sayari. Nous y avons retrouvé Anissa Lotfi, qui retournait sur les planches, après vingt-cinq années d’absence! C’est énigmatique et même «kafkaïen», mais c’est peut-être cela le théâtre tunisien! Le classique et le moderne se côtoient dans la mise en scène de la pièce. «L’intro» se passe à l’avant-scène avec un rideau encore fermé et quelques éléments de décor.
Cela a donné, quelque peu, l’idée de la pièce qui va raconter des situations rocambolesques et inattendues d’un couturier rusé et de son apprenti, qui voudraient rêver d’une vie meilleure, au prix de plusieurs «sacrifices». La musique, la danse, le mouvement, la chanson, s’ajoutent au jeu. Les pleins feux y sont de rigueur; que les protagonistes soient au restaurant «4 fourchettes!», ou dans un salon. Le choix d’un tel usage, à une exception près — à la fin de la pièce, où la lumière devient tamisée, car c’est l’heure de faire dodo pour l’un des personnages — n’a pas pu ajouter à la pièce une pointe de recherche. C’est le théâtre classique criard qui s’installe et se réinstalle. On y hésite entre la comédie musicale et le jeu classique. Le visuel demeure et le rire éclatant l’est de même. Aux couleurs de la détente et de la belle vie, «Ellil zahi», qui n’est autre que le futur nom d’un projet d’hôtel, fait de clins d’œil, parfois successifs, à la situation politique et économique de la Tunisie avant et après le 14 janvier 2011. Cela n’est pas sans faire mourir de rire la salle.
La pièce a été réadaptée au contexte du quotidien de la Tunisie d’aujourd’hui. Une autre manière de dire: «Salut, la révolution!» C’est tout de même, le temps de la détente!

Lotfi BEN KHELIFA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com