Cinéma : Akira Kurosawa : Un fantôme vivace





Avec ce que vient de vivre le Japon, c’est l’histoire et le cauchemar nucléaire qui refont surface. Le peuple japonais se souvient encore des bombardements de Nagasaki et d’Hiroshima et nombre de réalisateurs ont accompli un véritable travail de catharsis. Une figure comme Godzilla, par exemple, est l’une de ces personnifications. Et sitôt la seconde guerre mondiale et les Japonais dénaturés et arrachés à leurs traditions par les Américains, des réalisateurs comme Akira Kurosawa ont cherché à mettre sur pellicule ce que vivait son peuple et ce qui l’attendait. Au même titre que Mizoguchi, ou bien encore Ozu, qui filmait ses histoires à hauteur de tatami.
Akira Kurosawa est le metteur en scène japonais le plus connu mondialement. Oscar et Lion d’or pour le film «Rashomon» et Palme D’or à Cannes pour le film «Kagemusha», Kurosawa reste profondément marqué par des événements qu’il a vus durant la seconde guerre mondiale et n’a eu de cesse d’aborder dans ses films la pauvreté, la violence urbaine ou bien encore la précarité...
Un film étonnamment moderne
Le film «Les salauds dorment en paix» a été réalisé par Akira Kurosawa en 1960 et est interprété par son acteur fétiche Toshiro Mifune. Toshiro Mifune est un acteur que Kurosawa a dirigé dans plus de huit films et dont les plus célèbres sont «Le château de l’araignée», «La forteresse cachée» et «Sanjuro» ... et qui sont autant de lectures du conflit nippo-américain. L’histoire du film «Les salauds dorment en paix» est celle de l’homme d’affaires Iwabuchi. Sur le point de marier sa fille à son secrétaire, ce vice-président dans une PME se trouve mêlé à une sombre affaire de pots-de-vin et de marchés truqués. Et parallèlement, des employés de son entreprise se suicident. Mais la question qui taraude l’esprit des principaux protagonistes est de savoir si ces morts sont des suicides ou des meurtres.
Il semblerait que la principale source d’inspiration de ce film soit le cinéma américain et particulièrement le «Psychose» d’Alfred Hitchcock. «Psychose» présentait, lui aussi, des personnages animés par de vils instints comme le vol, la tentation... «Les salauds dorment en paix» est tourné dans un très beau noir et blanc et la bande-annonce laisse présager un film à l’atmosphère oppressante avec ce qu’il faut d’intrigues et de complots. «Les salauds dorment en paix» est également intitulé «Les salauds se portent bien».
Un polar à découvrir à la maison de la culture Ibn Khaldoun à partir du 28 mar

M. WALEY EDDINE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com