Italie : Il Cavaliere devant le tribunal





Le Quotidien- Agences
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, décrié pour l’adoption de lois lui permettant d’échapper à ses ennuis judiciaires, s’est présenté pour la première fois depuis huit ans devant un tribunal, hier à Milan (Nord), pour une audience sans grand enjeu.
Après cette audience dite «préliminaire» qui sera suivie d’une autre, il a quitté en voiture le palais de justice avec son escorte. Mais il s’en est extrait en apercevant une centaine de ses partisans qui le saluaient aux cris de «Silvio, Silvio» et «hip hip hourra».
«Tout s’est bien passé, je me prépare pour le 4 avril, j’irai à la prochaine audience», leur a-t-il lancé, perché sur le marche-pied de sa voiture.
En revanche, à propos du procès Rubygate où il affronte des accusations graves de recours à la prostitution de mineure et abus de pouvoir qui doit débuter le 6 avril, il a seulement lâché une phrase: «c’est un autre procès».
L’audience d’hier était la première d’une série organisées pour décider si Berlusconi doit être jugé pour fraude fiscale et abus de confiance concernant la surfacturation présumée de droits télévisés achetés par Mediatrade-RTI, une société de son empire, à des majors américaines.
Selon des participants, Berlusconi n’a fait aucune déclaration devant le juge des audiences préliminaires, mais a serré la main des deux procureurs dont l’un, Fabio De Pasquale, avait fait l’objet d’attaques publiques de sa part.
Les militants de son parti, Peuple de la Liberté (PDL) s’étaient regroupés devant le tribunal derrière des banderoles clamant: «la politique dans les urnes pas dans les tribunaux» ou «Silvio tu dois résister, résister, résister».
Quelques militants de l’opposition surtout du parti Italie des valeurs (IDV) dirigé par la bête noire de Berlusconi, l’ex-juge anticorruption Antonio Di Pietro leur faisaient face. Luca Ragone, un étudiant de 28 ans, élu IDV à Milan, a douté de la volonté de Berlusconi de se rendre à toutes les audiences judiciaires le concernant.
Selon lui, Berlusconi risque de venir aux audiences préliminaires «car ce n’est pas un procès» et pourrait ignorer les convocations pour le Rubygate ou les affaires Mills (corruption de témoins) et Mediaset (fraude fiscale), où «il est vraiment jugé».
La dernière fois que Berlusconi s’était présenté devant la justice remontait à juin 2003 dans le procès SME (vente manquée de ce groupe agro-alimentaire à l’industriel Carlo De Benedetti) pour lequel il fut acquitté quatre ans plus tard.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com