«Ennahdha» relance son journal : «Al Fajr» revoit le jour





Après avoir obtenu son visa, le mouvement Ennahdha s’apprête à rééditer son journal. Interdit depuis 20 ans, «Al Fajr», le journal hebdomadaire du parti islamiste, devrait reparaître début avril.
Annoncée à plusieurs reprises par les dirigeants du mouvement, la réapparition d’«El Fajr», l’organe de presse d’Ennahdha, doit avoir lieu dans les jours qui viennent. Des sources bien informées proches du mouvement islamique affirment, en fait, que la conception du journal est dans ses dernières étapes et qu’une équipe de journalistes est déjà mise en place.
C’était, en effet, au lendemain des élections législatives de 1989 qu’El Fajr a vu le jour. Encouragé par le surprenant résultat qu’il a réalisé en raflant 17% des voix sur une liste indépendante, le mouvement Ennahdha s’est dépêché pour éditer un organe de presse à travers lequel il sera plus facile de diffuser ses programmes politiques. Le projet a été toutefois condamné à faire un parcours risqué et très court.
Un rapport publié en 2003 par la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LTDH) sur la liberté de l’information en Tunisie note que c’était au mois de février 1989 qu’Ennahdha a reçu le récépissé de son journal dont le tirage a été autoritairement limité à 40 mille exemplaires. La parution du premier numéro du journal n’a toutefois eu lieu que le 21avril 1990. Le rapport de la LTDH intitulé «La presse sinistrée» précise qu’«en 1989, aucune imprimerie n’a osé accepter d’imprimer le journal du mouvement Ennahdha». «Al Fajr» n’a paru que lorsque le groupe de Dar El Anouar avait proposé ses services «sur instructions des autorités». Le rapport rappelle que les imprimeurs étaient obligés de demander le feu vert des autorités avant d’accepter d’imprimer un journal de l’opposition.
Le mouvement a vu ensuite plusieurs numéros de son journal interdits de parution. Le numéro du 16 juin 1990 fut ainsi confisqué par les autorités avant de décider, une semaine après (23 juin 1990), la suspension du journal pendant 3 mois. Le 22 septembre, le journal reprend sa parution avant de subir une nouvelle suspension du numéro suivant (10 novembre 1990) suite à la publication d’un communiqué signé par des partis de l’opposition. Après 24 numéros dont 3 saisis, «Al Fajr» a cessé de paraître à compter du 24 janvier 1991. Sept mois après, (le 28 août 1991, M. Hammadi Jebali, rédacteur en chef du journal, fut condamné à 16 ans de prison dans l’affaire dite «du complot islamiste».

Hassan GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com