«Hikayat Araess» : L’acteur et sa marionnette





«Hikayat Araess» (Histoires de marionnettes) a été donnée dimanche à la maison de la culture Ibn Rachiq, par la compagnie «Domia» de production culturelle.
Cette pièce a drainé un public assez nombreux d’enfants qui étaient accompagnés de leurs parents et même grands-parents.
Il est vrai qu’en cette fin de matinée de dimanche ensoleillé, la sortie s’y prêtait. Mieux encore, le spectacle en valait la peine, car il met en valeur aussi bien l’acteur que la marionnette. Le texte, en arabe littéraire, est dû à Fethi Dhehibi, qui joue également dans la pièce. Une traduction-montage de poèmes très célèbres de Jacques Prévert. Ces derniers chantent la vie sous tous ses aspects : de l’amour à la tolérance, de la mélancolie à l’acceptation de l’autre, de la joie à la tristesse.
La scénographie et les poupées, dirons-nous, sont de Habiba Jendoubi. Cette dernière nous revient après quelques années d’éclipse involontaire. Grande professionnelle de la marionette en Tunisie, elle est l’une des rares spécialistes de ce genre théâtral qui l’habite et la poursuit depuis plus de trente ans. Elle le défend, le conçoit avec amour, maîtrise et avec la même détermination de plaire aux chérubins et au grand public en général.
Habiba Jendoubi a assuré la mise en scène de cette représentation avec la complicité de Fethi Dhehibi. Dans une atmosphère poétique, l’histoire de l’acteur et du marionnettiste se confond à celle des marionnettes elles-mêmes. Qui vole la vedette à qui? Mais l’histoire ne se veut point philosophique ou métaphysique. Elle nous emporte avec ses mouvements, ses lumières, ses danses, ses belles musiques, particulièrement celles de Mikis Théodorakis et d’Ahmed Kalaï et son discours direct. Les poèmes interviennent, comme pour calmer le jeu, mais aussi pour permettre aux marionnettes de «jouer». Elles sont presque personnifiées. Les enfants feignent quitter leur chaise pour être sur scène avec ce beau monde de marionnettistes.
La vulgarisation de l’art de la marionnette intervient par intermittence. La marionnette est une poupée, une amie des enfants, qui restera toujours parmi eux.
«Hikayet Araess» a été créée et présentée une fois en 2010. Ses concepteurs ont-ils été visionnaires? Pour imaginer un combat une bataille entre des crayons de couleurs. La connotation politique sonne vrai, pour annoncer la multitude de couleurs et d’obédiences des partis politiques reconnus aujourd’hui par la révolution du 14 janvier 2011. Le spectacle est visuel. Sa mise en scène, riche en mouvements, ne manque pas de recherche et plaît pour emporter l’enfant, et l’adulte également, dans un monde réel et imaginaire.


Lotfi BEN KHELIFA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com