Conférence de Londres sur la Libye : L’après-Kadhafi à l’étude





L’après-Kadhafi commence à être dessiné, hier, à Londres où la communauté internationale s’est réunie avec pour ambition d’afficher son unité pour construire la Libye de demain.
Le Quotidien-Agences
Au total 36 pays ont répondu à l’appel, et l’OTAN ainsi que l’ONU étaient présentes au plus haut niveau.
Mais les pays arabes sont apparus en retrait. Seuls sept des 24 pays de la Ligue arabe étaient présents, et ils étaient représentés, à l’exception du Qatar et des Emirats arabes unis, non par leurs ministres des Affaires étrangères mais par des ambassadeurs, tout comme la Ligue arabe, dont le soutien est jugé crucial.
Quant à l’Union africaine (UA), pourtant dûment invitée, elle n’a pas fait le déplacement, après avoir critiqué l’intervention militaire et «l’absence de feuille de route».
En ouvrant officiellement la réunion, le Premier ministre britannique David Cameron a évoqué un triple objectif: «Réaffirmer notre engagement envers la résolution de l’ONU» autorisant l’intervention militaire pour protéger les civils libyens, «accélérer l’acheminement de l’aide humanitaire» et «aider la population libyenne à définir son avenir.»
Il a souligné qu’au moment où il s’exprimait, «les habitants de Misrata (à l’Est de Tripoli) subissaient encore les attaques meurtrières du régime.»
Ce rappel a été aussitôt suivi d’un avertissement de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton: les frappes de la coalition continueront «jusqu’à ce que Kadhafi remplisse pleinement les conditions de la résolution de l’ONU», cesse ses attaques contre les civils, retire ses troupes et autorise l’acheminement de l’aide humanitaire.
Elections libres et justes
Juste avant la réunion du groupe de contact chargé du «pilotage politique» de l’opération internationale en Libye, dont l’OTAN assurera le commandement militaire à compter de demain, le colonel Mouammar Kadhafi avait enjoint à la coalition de cesser «son opération militaire barbare et maléfique», qu’il a comparée «aux campagnes de Hitler.»
«Stoppez votre offensive barbare et injuste contre la Libye», a déclaré le dirigeant libyen dans un message publié par l’agence officielle Jana.
«Laissez la Libye aux Libyens, vous êtes en train de vous livrer à une opération d’extermination d’un peuple en sécurité et de détruire un pays en développement», a ajouté le dirigeant libyen, qui tente de réprimer une révolte populaire entamée le 15 février.
Hier, la principale formation de l’opposition libyenne, le Conseil national de transition (CNT), n’a pas été autorisée à siéger avec le groupe de contact, mais pour autant elle a enregistré plusieurs avancées.
Mahmoud Jibril, son responsable des affaires internationales, a successivement rencontré Hillary Clinton et ses homologues britannique William Hague et français Alain Juppé.
Washington a annoncé l’envoi prochain d’un diplomate, Chris Stevens, à Benghazi, fief de la rébellion dans l’est de la Libye. La France a décidé d’y nommer un ambassadeur, Antoine Sivan, en passe de prendre ses fonctions.
Ainsi conforté, le CNT— reconnu à ce stade par la France et le Qatar— a promis hier des «élections libres et justes» et souligné ses «aspirations à un Etat uni, libre et moderne», cherchant ainsi à écarter toute partition du pays.
Scénarios
D’autre part, la chute du colonel Mouammar Kadhafi n’étant pas un but de guerre reconnu, les participants évoquent souvent son départ de manière elliptique.
L’Italie a envisagé son exil, une perspective rejetée par ceux qui veulent le juger.
«Bien entendu, je crois qu’il devrait faire face à la Cour pénale internationale (de La Haye), mais là où il va, s’il s’en va, dépend de lui», a déclaré hier Hague.
Un exil reste «juridiquement» une possibilité, étant donné que le colonel Kadhafi n’est «pas encore» accusé ou recherché par la CPI, a pour sa part déclaré la ministre espagnole des Affaires étrangères, Trinidad Jimenez.
Mais au nom du CNT, Guma El-Gamaty a tranché à Londres: «Ces crimes ne devraient pas rester impunis».
La prochaine réunion du «groupe de contact» aura lieu au Qatar, indique le communiqué final.
Les combats se poursuivent
Sur le terrain, les forces pro-Kadhafi continuaient cependant de progresser dans Misrata, selon les rebelles à Benghazi, qui redoutaient «un massacre». Un médecin de l’hôpital de la ville joint par téléphone, a déclaré que l’offensive avait déjà fait au moins 142 morts et 1.400 blessés depuis le 18 mars.
Dans l’Est, après avoir rapidement progressé ces derniers jours, les rebelles reculent sous le feu des forces de Kadhafi et se retrouvent à plus d’une centaine de kilomètres de leur objectif actuel, Syrte, la ville natale du colonel Kadhafi, selon des journalistes de l’AFP.
Aucun missile air-sol n’a frappé l’armée libyenne sur la route de Syrte depuis plus de 24 heures. Sans cet appui aérien, les rebelles, qui ressemblent davantage à des manifestants en armes qu’à une force combattante, ne font pas le poids face à l’armement lourd déployé devant eux.
Hier en début d’après-midi, les forces pro-Kadhafi ont bombardé les positions rebelles à l’entrée de Ben Jawad, à 140 km à l’Est de Syrte.
Deux fortes explosions ont secoué hier Tripoli, dans le secteur de la résidence du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, selon un journaliste de l’AFP.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com