Colloque : Centre de Tunis pour la Liberté de la Presse : Objectif: protéger le journaliste





Le Centre de Tunis pour la liberté de presse a organisé, hier, un colloque de solidarité ayant
pour thème: «Médias de la révolution: journaliste sous la menace», au siège de l’UGTT.
 «Notre colloque a pour objectif de braquer les projecteurs sur divers points concernant la situation de plusieurs collègues journalistes qui sont menacés ou privés de leurs droits fondamentaux. La situation actuelle nécessite de sensibiliser les gouvernements et les autorités concernées à travers le monde arabe pour épargner aux journalistes ce genre de menaces. Nous devons nous unir pour lutter contre la répression des journalistes», affirme M. Mahmoud Dhaouadi, président du Centre de Tunis pour la Liberté de Presse. Et d’ajouter: «La révolution tunisienne, qui est un considérable acquis, a pour objectif de garantir la dignité et la liberté des individus. Il faut éradiquer la censure et respecter les droits des journalistes pour garantir des médias libres et objectifs».
Le colloque a été l’occasion pour débattre et aborder plusieurs sujets relatifs à la liberté d’expression et au droit de l’exercice de la profession de journaliste. Universitaires, reporters, journalistes et spécialistes en droit international ont été présents pour partager les idées, les avis et les expériences, surtout dans ce contexte actuel où beaucoup de journalistes sont ciblés par les gouvernements tyranniques.
Pour sa part, notre confrère Zouhaier Ltaief a focalisé son intervention sur les véritables menaces du métier, surtout dans les zones en litige. Et de renchérir: «J’ai eu plusieurs expériences au Darfour, en Erithrée et ce que je peux confirmer, c’est que les journalistes deviennent parfois boucs émissaires des autorités qui veulent à tout prix cacher l’information. C’est le cas de plusieurs collègues en Libye ou au Yémen, pris en otage sous des prétextes futiles. La véritable bataille, de nos jours, est de lutter contre ces dérives de plusieurs Etats. Les journalistes deviennent visés par les gouvernements et confrontés à la menace d’emprisonnement dans différents pays arabes. L’assassinat de notre confrère Ali Hassan Al Jaber, que dieu bénisse son âme, est la preuve de ce genre de crimes vis-à-vis des journalistes. Plusieurs professionnels de l’information ont fait l’objet d’interpellations et de tentatives d’enlèvement dans les différents pays arabes lors de cette vague de révolutions. Une intervention de haut niveau de la part de l’ONU et la Fédération Internationale des Journalistes est plus qu’urgente pour arrêter ces menaces et mettre fin à toute autre forme de harcèlement visant les journalistes».
Prenant à son tour la parole, M. Mondher Charni, spécialiste en droit international, a précisé plusieurs points concernant cette question dans les traités internationaux. Il abonde dans ce sens: «Les journalistes ne sont pas partie prenante dans les conflits armés. Donc, les gouvernements doivent les épargner des menaces ou des agressions en assurant le droit de la couverture médiatique. Même, si les journalistes sont pris en otages, ils doivent être bien traités en tout temps avec humanité».
Il reste à noter que le Centre de Tunis pour la Liberté de Presse est un organisme qui a vu le jour récemment et a pour objectif la défense de la liberté de presse en Tunisie. Le centre entend éditer prochainement un livre qui portera sur les violations à l’encontre des journalistes de 1987 à 2011.
Walid BOUROUIS


Que dit la loi internationale?
Aux termes de l’article 79 du Protocole I additionnel aux Conventions de Genève:
1/ Les journalistes qui accomplissent des missions professionnelles périlleuses dans des zones de conflit armé seront considérés comme des personnes civiles au sens de l’article 50, paragraphe1.
2/ Ils seront protégés en tant que tels conformément aux conventions et au présent protocole, à la condition de n’entreprendre aucune action qui porte atteinte à leur statut de personnes civiles et sans préjudice du droit des correspondants de guerre accrédités auprès des forces armées de bénéficier du statut prévu par l’article 4 A.4, de la IIIe convention.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com