Syrie : Les pro-Assad contre-attaquent





Le gouvernement syrien a présenté hier sa démission au président Bachar Al-Assad dont les partisans ont été livrés à une démonstration de force.
Le Quotidien – Agences
Le pouvoir en Syrie a mobilisé hier des centaines de milliers de personnes pour afficher la popularité du président Bachar Al-Assad, qui doit annoncer des mesures pour libéraliser le régime à la suite d’un mouvement de contestation sans précédent depuis un demi-siècle.
En attendant l’annonce de l’abrogation de l’état d’urgence, de la libéralisation de la presse et de l’instauration du pluralisme politique, qui figurent parmi les revendications des protestataires, le gouvernement a démissionné hier pour laisser la place à un exécutif plus à même de mener à bien ces réformes.
Forêts de drapeaux syriens, des multitudes de portraits du président Assad, une foule a convergé à pied ou transporté en bus sur la place des Sept Fontaines à Damas face à l’imposant bâtiment de la Banque centrale où a été tendu un immense portrait du chef de l’Etat.
«Dieu, la Syrie, Bachar et c’est tout», «Par notre âme, par notre sang, nous nous sacrifierons pour toi, Bachar», scandaient les manifestants. Il s’agit des plus importantes manifestations depuis l’arrivée au pouvoir de Bachar Al-Assad en 2000, où il avait succédé à son père Hafez qui dirigeait le pays depuis 1970.
Des jeunes filles en pull et jeans avaient dessiné sur leurs joues des cœurs avec ce message au chef de l’Etat: «On t’aime». D’autres arboraient des pancartes de soutien au «Lion de Damas, défenseur du pays». En arabe, Assad signifie lion.
Les manifestants s’en sont pris aussi aux médias qu’ils taxent de partialité. «Vous êtes venus pour voir des protestations en Syrie, mais aujourd’hui vous voyez la protestation de la Syrie», a affirmé à une journaliste de l’AFP, Rajah, étudiant à l’université de Damas.
Une pancarte dit «Oui aux réformes, non à la dissension confessionnelle». La Syrie est un pays multiconfessionnel et multiethnique avec notamment les sunnites qui sont majoritaires, les alaouites qui tiennent les rênes du pouvoir, les chrétiens et les Kurdes.
La télévision publique a montré des rassemblements identiques dans les principales villes, à l’exception de Lattaquié, principal port de la Syrie, où les autorités avaient demandé de ne pas se rassembler pour des raisons de sécurité.
Accusation
Par ailleurs, des hommes armés avaient ouvert le feu sur la population, durant le week-end, faisant 13 tués parmi les militaires et les civils et 185 blessés. Le régime a accusé les intégristes musulmans.
A Deraa, épicentre de la contestation, 300 personnes ont manifesté hier contre pouvoir en scandant «Revolution, révolution», «Oui à la liberté non au confessionnalisme» et «Dieu, la Syrie, la Liberté».
Le président Assad doit annoncer sous peu une série de mesures censées libéraliser le régime en place depuis près de cinq décennies, notamment l’abolition de l’état d’urgence qui prive les citoyens de la majorité des libertés publiques.
La levée de l’état d’urgence n’aura qu’une portée symbolique si elle ne s’accompagne pas d’autres réformes importantes, estiment des analystes.
«Dans la situation actuelle, il faudrait une réforme radicale de la répartition du pouvoir», estime Faysal Itani de l’institut britannique Exclusive Analysis.
Le gouvernement a présenté sa démission. «un nouveau cabinet sera mis en place dans les 24 heures», avait déclaré auparavant à l’AFP un haut responsable à Damas


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com